Frise chronologique
vers 1250
Ouverture du charnier
Ouverture du charnier
vers 1250 (≈ 1250)
Cimetière paroissial en usage
1430
Construction de la galerie
Construction de la galerie
1430 (≈ 1430)
Cloître utilisé comme charnier
1474
Opération de la maladie de la pierre
Opération de la maladie de la pierre
1474 (≈ 1474)
Première intervention chirurgicale documentée
1674
Fermeture des charniers
Fermeture des charniers
1674 (≈ 1674)
Fin des inhumations
1970
Inauguration des vitraux de Bazaine
Inauguration des vitraux de Bazaine
1970 (≈ 1970)
Huit verrières modernes installées
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Louis XI - Roi de France |
Ordonna l’opération de 1474 |
| Jean Bazaine - Artiste verrier |
Auteur des vitraux de 1970 |
| Alfred Kern - Facteur d’orgues |
Constructeur de l’orgue en 1963 |
| Michel Chapuis - Organiste titulaire |
Inaugura l’orgue en 1963 |
| Abbé Alain Ponsar - Curé de 1962 à 1967 |
Commanda les vitraux de Bazaine |
Origine et histoire
L’église Saint-Séverin, située dans le 5e arrondissement de Paris, est un monument emblématique du Quartier latin. Son origine remonte au IXe siècle, où elle servait déjà de siège paroissial. En 1789-90, elle faisait partie des 52 paroisses urbaines du diocèse de Paris, avec un curé archiprêtre. L’édifice conserve des traces médiévales, comme deux inscriptions en ancien français (XIVe et XVe siècles) près de la porte Saint-Séverin, rappelant aux passants la mortalité et les obligations des fossoyeurs.
L’église se distingue par son charnier, ancien cimetière paroissial ouvert vers 1250, entouré d’une galerie cloîtrée construite vers 1430. Ce charnier, utilisé comme lieu d’inhumation et de résidence pour les prêtres, fut fermé en 1674 et transformé en cloître. Au XIXe siècle, des travaux modifièrent partiellement la structure, mais le jardin actuel, classé, conserve des éléments originaux comme des vitraux de 1699. Une anecdote marquante relate une opération chirurgicale pionnière en 1474 : Louis XI fit gracier un archer condamné à mort après une intervention réussie contre la maladie de la pierre dans le charnier.
Architecturalement, l’église allie styles flamboyant et gothique. Sa nef de 17 mètres, sans transept, compte cinq nefs en largeur entourées de chapelles. Le déambulatoire présente dix piliers en forme de palmier, dont une colonne torsadée dite salomonique. Parmi les trésors, un puits aux vertus supposées contre les écrouelles subsiste dans la chapelle baptismale. Les vitraux, étalés sur sept siècles, incluent des œuvres gothiques (comme un Arbre de Jessé de 1482), des créations du XIXe siècle, et des vitraux modernes de Jean Bazaine (1970) évoquant les sept sacrements.
Les peintures murales, majoritairement du XIXe siècle, nécessitent une restauration, tandis que trois sont classées monuments historiques. L’orgue, inauguré en 1963 par Alfred Kern, possède un buffet de 1745 classé depuis 1905. Son histoire musicale est marquée par des titulaires prestigieux comme Michel Chapuis et André Isoir. Les vitraux de la façade nord représentent des scènes religieuses (Trinité, saints Pierre et Jean-Baptiste) et des donateurs, tandis que ceux du déambulatoire mêlent art contemporain et symbolisme sacré.
Le site, délimité par les rues des Prêtres-Saint-Séverin, de la Parcheminerie, Saint-Jacques et Saint-Séverin, inclut aussi la maison paroissiale et le square André-Lefèvre. Son cloître, aujourd’hui jardin public, témoigne de l’évolution des pratiques funéraires parisiennes, passant d’un lieu d’inhumation à un espace de recueillement et de promenade. Les inscriptions disparues, comme celle invitant les passants à méditer sur la mort, rappellent la dimension mémorielle et spirituelle du lieu.