Origine et histoire de l'Église Saint-Séverin
L’église Saint-Séverin, paroissiale et catholique, se situe rue de l’Église à Oinville-sur-Montcient, dans les Yvelines, au cœur du parc naturel régional du Vexin français, sur la rive droite de la Seine. Fondée en 1127, elle conserve du XIe–XIIe siècle le mur gouttereau nord de la nef ; le bâtiment présente depuis lors une chronologie complexe, avec des apports romans, gothiques et de la Renaissance. L’édifice s’organise autour d’un transept de la première période gothique dont la croisée sert de base au clocher central ; on y remarque la cohabitation de doubleaux de facture romane et de chapiteaux à crochets de style gothique tardif. À l’est du transept, le chœur comprend une travée carrée en grande partie remaniée et une abside polygonale de la Renaissance, qui abrite un retable de pierre baroque et un décor extérieur notable. Deux chapelles latérales inégales occupent les angles entre croisillons et chœur : l’une paraît dater du XIIIe siècle et présente un caractère gothique simple, l’autre relève du flamboyant tardif et se signale par une voûte à liernes et tiercerons ornée de clés pendantes. À l’ouest du transept s’étend un double vaisseau de trois travées ; la nef et son collatéral sud, voûtés à la même hauteur, sont de style flamboyant et témoignent de la reconstruction postérieure à la guerre de Cent Ans. Extérieurement, l’abside Renaissance et l’élégant petit clocher gothique constituent les éléments les plus emblématiques de l’ensemble. L’église est classée au titre des monuments historiques par arrêté du 8 janvier 1932 et a fait l’objet de plusieurs campagnes de restauration à la fin du XXe siècle. En octobre 2011 deux nouvelles cloches, Benoîte‑Rolande et Marie‑Adrienne, respectivement de 372 et 268 kg, ont été installées et ont permis de recréer le carillon en fa‑la‑do attesté avant la Révolution. L’édifice est rattaché à la paroisse « Limay‑Vexin », qui regroupe seize communes et dix‑huit lieux de culte ; des messes dominicales y sont célébrées environ tous les deux mois à 10 h 30.
L’église, légèrement déviée vers le sud‑est, suit un plan dissymétrique voisin du plan cruciforme allongé par des travées supplémentaires ; elle est entièrement voûtée d’ogives, en un seul niveau d’élévation, et une sacristie moderne occupe l’angle entre la chapelle latérale et l’abside. L’accès principal se fait par un portail du XVIIIe siècle situé au sud dans la première travée du collatéral ; un second portail étroit et très aigu s’ouvre au nord dans la deuxième travée de la nef. Le chevet donne sur la rue et un grand parvis, ancien cimetière désormais utilisé comme parking, précède l’élévation méridionale ; en raison de la proximité des propriétés voisines, il n’existe pas de façade occidentale dégagée.
L’intérieur montre une nef et un collatéral formant un vaste espace unifié, résultat de la reconstruction flamboyante visant à agrandir la nef tout en conservant les murs extérieurs anciens. Trois doubleaux longitudinaux séparent les deux vaisseaux et reposent sur deux piliers libres ondulés à quatre renflements ; ces supports, dépourvus de bases et posés sur des socles, sont typiques des réalisations flamboyantes du Vexin. Les profils des nervures, identiques pour doubleaux et ogives, présentent des filets et moulures caractéristiques de la région, et les clés de voûte du collatéral portent des motifs floraux sculptés semblant l’œuvre d’un même atelier.
La croisée du transept est de plan carré et délimitée par quatre doubleaux en plein cintre à double rouleau, résolument romans, tandis que les chapiteaux sculptés de crochets et de feuilles polylobées appartiennent au registre gothique de la fin du XIIe siècle. Les ogives, dont le profil est issu de la transition romane‑gothique, retombent sur des tailloirs et des colonnettes logées dans les angles ; quelques lancettes d’origine et une fenêtre à remplage postérieure témoignent de l’évolution du transept entre première période gothique et style rayonnant. Des boiseries peintes et une polychromie reconstituée soulignent encore l’architecture du carré du transept.
Le chœur primitif se composait vraisemblablement de la seule travée carrée, largement remaniée à la fin du flamboyant, puis prolongée par l’abside à pans coupés de facture renaissante. L’abside, globalement d’inspiration Renaissance, conserve néanmoins des ogives flamboyantes ; sa clé de voûte est ornée d’une guirlande autour d’un carré surmonté d’une pomme de pin stylisée, et la baie axiale est obturée par le retable du maître‑autel. Le retable de pierre, de style baroque, présente un corps central à colonnes ioniques et un grand cadre de bois doré dont le tableau a disparu.
La chapelle latérale la plus basse comporte des arcades en plein cintre et une oculus oriental aujourd’hui condamné ; sa voûte, de profil proche de celle du transept, manque de formerets et retombe sur de simples tailloirs et chapiteaux. L’autre chapelle, voûtée à la même hauteur que la nef, se distingue par sa voûte à liernes et tiercerons, typique d’un flamboyant tardif, et par des clés pendantes d’influence renaissante.
À l’extérieur, le portail du XVIIIe siècle, sobre et traité en stuc avec pilastres doriques, et les fenêtres en plein cintre du collatéral marquent des interventions postérieures ; des contreforts de différentes époques jalonnent les murs, tandis que l’abside est épaulée par des contreforts et ornée d’un entablement non sculpté et d’un décor mouluré aujourd’hui usé. Le clocher, élégant et comparé à certains modèles du Vexin, conserve des colonnettes d’angle à bases et chapiteaux à crochets, des baies géminées en arc brisé sous archivoltes toriques et une corniche décorée de billettes et de motifs en losange ; la couverture actuelle en toit à la hache ne correspond vraisemblablement pas à la forme de couverture d’origine.
Le mobilier est sobre : la plupart des éléments liturgiques et du XIXe siècle ont été enlevés, les fonts baptismaux et le bénitier sont frustes, et les autels secondaires sont de simples caissons peints en faux‑marbre. Le retable de la Vierge dans la chapelle latérale reproduit les formes du portail. L’objet le plus remarquablement protégé est une statue en pierre polychrome du XVIe siècle représentant saint Sébastien, classée au titre des objets aux monuments historiques en avril 1955 ; deux autres statues de saints évêques et une statuette, non identifiées, complètent le mobilier ancien.