Frise chronologique
Début XIe siècle
Donation à l’abbaye de Condom
Donation à l’abbaye de Condom
Début XIe siècle (≈ 1104)
Hugues de Gascogne cède l’église et la villa.
XIIe siècle
Reconstruction romane
Reconstruction romane
XIIe siècle (≈ 1250)
Édification de la nef actuelle et portail sculpté.
1285
Acte de paréage
Acte de paréage
1285 (≈ 1285)
Partage du pouvoir entre abbé et Édouard Ier.
XIIIe siècle
Extension gothique et fortification
Extension gothique et fortification
XIIIe siècle (≈ 1350)
Ajout du chœur plat et surélévation défensive.
1988
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1988 (≈ 1988)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Sigismond (cad. A 502) : classement par arrêté du 5 août 1988
Personnages clés
| Hugues de Gascogne - Abbé et évêque, fondateur de l’abbaye de Condom |
Donateur initial de l’église (XIe siècle). |
| Arnaud Othon de Lomagne - Avant-dernier abbé de Condom |
Acheva les tours de l’enceinte (XIIIe siècle). |
| Auger d’Anduran - Abbé de Condom (1285–1305) |
Signataire de l’acte de paréage avec Édouard Ier. |
| Antoine-Arnaud de Pardaillan de Gondrin - Seigneur de Montespan, chef ligueur |
Occupa Larressingle (1589–1596). |
| Duc de Trévise - Mécène du XXe siècle |
Initiateur de la restauration du village. |
Origine et histoire
L’église Saint-Sigismond de Larressingle, située dans le département du Gers en Occitanie, est un édifice roman des XIIe et XIIIe siècles. Elle fut initialement construite comme église paroissiale de la villa de Larressingle, résidence des abbés de Condom au XIe siècle. Au XIIe siècle, une première campagne de reconstruction donne naissance à l’église actuelle, caractérisée par une nef unique et un portail roman sculpté. La présence d’un château édifié à l’ouest au XIIIe siècle bloque toute extension vers l’ouest, contraignant les bâtisseurs à agrandir l’édifice vers l’est par un nouveau chœur à chevet plat, communiquant avec l’ancienne nef via une ouverture percée entre les contreforts.
L’église, intégrée au système défensif du village, servait de refuge aux habitants en cas d’attaque, comme en témoignent les salles hautes surélevées accessibles par un escalier en vis. Ces espaces, peut-être utilisés pour le stockage ou la protection temporaire, étaient surmontés de créneaux aujourd’hui partiellement obturés. La maçonnerie, en moyen appareil de pierre calcaire, et la couverture en tuiles (creuses pour la nef, plates pour le clocher-mur) reflètent les techniques locales. L’intérieur conserve des chapiteaux sculptés, vestiges de la période romane, tandis que le clocher-mur et la tour d’escalier illustrent son rôle dual, à la fois religieux et militaire.
Au XIe siècle, l’abbaye de Condom, fondée par Hugues de Gascogne (héritier des ducs de Gascogne et évêque d’Agen), reçoit en don les terres de Larressingle et l’église Saint-Sigismond. Ce lien avec l’abbaye, confirmé par les bulles papales d’Alexandre III (1163) et Innocent IV (1245), fait des abbés puis des évêques de Condom les seigneurs du lieu. Au XIIIe siècle, dans un contexte de rivalité franco-anglaise pour l’Aquitaine, les abbés fortifient le village, transformant Larressingle en castrum. L’acte de paréage de 1285 entre l’abbé Auger d’Anduran et Édouard Ier d’Angleterre officialise cette mutation : le roi s’engage à fournir une garnison, tandis que l’abbé partage la justice locale avec la couronne.
L’église, classée Monument Historique en 1988, incarne cette histoire mouvementée. Son architecture hybride — nef romane du XIIe siècle prolongée par un chœur gothique — et ses aménagements défensifs (salles hautes, créneaux) reflètent son adaptation aux conflits médiévaux. Après la Guerre de Cent Ans, Larressingle perd son rôle militaire, mais l’église reste un symbole de la puissance ecclésiastique locale. Au XVIIIe siècle, le démantèlement partiel du château (toiture enlevée par Mgr d’Anterroches) et la vente comme bien national scellent son déclin, avant sa restauration au XXe siècle par des mécènes américains.
Le village, aujourd’hui classé parmi Les Plus Beaux Villages de France, doit sa survie à des initiatives privées, comme celle du duc de Trévise au début des années 1900. L’église Saint-Sigismond, cœur de ce patrimoine, attire les visiteurs par son histoire liée aux pèlerins de Compostelle (via le pont d’Artigues voisin) et son architecture défensive unique. Les machines de siège reconstituées à proximité rappellent son passé de place forte, tandis que la statue de saint Sigismond, copie du Vercingétorix d’Aimé Millet, ajoute une touche anecdotique à ce monument chargé d’histoire.