Origine et histoire de l'Église Saint-Simon-Saint-Jude
L’église Saint-Simon-et-Saint-Jude, située à Metz dans l’actuel quartier des Îles (ancien Fort-Moselle), est un édifice catholique de style néoclassique érigé au XVIIIe siècle. Construite en 1735 à l’initiative des chanoines de Saint-Pierremont, disciples de saint Pierre Fourier, elle est dédiée aux apôtres Simon et Jude, fêtés conjointement le 28 octobre. Son emplacement, entre le pont des Morts et la porte de France, en fait le centre spirituel de la Ville-Neuve, incluant les hameaux de Devant-Les-Ponts et Le Ban-Saint-Martin. La première pierre est posée par Claude de Saint-Simon, et l’édifice, achevé en 1740, se distingue par l’absence de clocher, mesure stratégique pour éviter qu’il ne serve de repère ennemi lors de sièges.
L’église est intimement liée à l’histoire militaire et urbaine de Metz. En 1755, Stanislas Leszczynski y fonde un collège, et en 1778, elle accueille la sépulture de François-Michel Durand de Distroff, parlementaire et diplomate. Sous la Révolution, sécularisée en 1790, elle devient « propriété nationale » mais reste un oratoire paroissial. Au XXe siècle, en 1921, la Congrégation de la Mission (Lazaristes) en prend la charge et y lance un pèlerinage à saint Jude, réputé pour les causes désespérées, attirant chaque dernier mercredi du mois une foule de fidèles. Depuis 1989, l’église, ses bâtiments adjacents et la place de France sont inscrits aux monuments historiques.
Le quartier du Fort Moselle, conçu par le maréchal de Belle-Isle et l’ingénieur Cormontaigne, voit en l’église son élément central dès 1735. Initialement chapelle d’un hospice refuge pour les chanoines, elle dessert une paroisse étendue couvrant plusieurs faubourgs messins. Son architecture sobre, dépourvue de clocher, reflète les contraintes militaires de l’époque, tandis que son rôle social évolue avec les siècles : lieu de culte, nécropole pour les élites locales, puis centre de dévotion populaire. Les transformations politiques (Révolution, XIXe siècle) n’altèrent pas son usage religieux, témoignant de sa résilience dans le paysage messin.
L’inscription au titre des monuments historiques en 1989 protège non seulement l’édifice, mais aussi son environnement immédiat, incluant les façades des bâtiments adjacents (4 à 9 place de France) et le sol de la place. Cette reconnaissance souligne son importance patrimoniale, à la fois architecturale, avec son style néoclassique précoce, et historique, comme marqueur de l’urbanisation de Metz sous l’Ancien Régime. Aujourd’hui, l’église reste un lieu de culte actif, perpétuant une tradition de pèlerinage unique en France dédiée à saint Jude.