Frise chronologique
1676
Arrivée des Grecs de Vitylo
Arrivée des Grecs de Vitylo
1676 (≈ 1676)
Fondation de Paomia par 600 réfugiés maniotes.
1775
Installation à Cargèse
Installation à Cargèse
1775 (≈ 1775)
Transfert ordonné par Marbeuf après destruction de Paomia.
1854-1874
Construction de l’église
Construction de l’église
1854-1874 (≈ 1864)
Dirigée par Vellut puis Marsili, style néo-gothique.
1886
Don de l’iconostase
Don de l’iconostase
1886 (≈ 1886)
Offerte par Mgr Siméoni pour Santa Maria di Grottaferrata.
1990
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1990 (≈ 1990)
Protection du décor et de l’architecture.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise dite grecque (cad. F 1081) : classement par arrêté du 30 juin 1990
Personnages clés
| Louis-Charles-René de Marbeuf - Marquis de Cargèse et gouverneur de Corse |
Ordonna la relocalisation des Grecs en 1775. |
| Charles Vellut - Agent voyer en chef |
Dirigea les premiers travaux (1854-1866). |
| Busiri Vici - Architecte romain |
Conçut l’iconostase en 1886. |
| Nicolas Ivanoff - Peintre russe |
Réalisa les premières peintures intérieures. |
| Mgr Siméoni - Préfet de Propaganda Fide |
Offrit l’iconostase à l’église en 1886. |
Origine et histoire
L’église Saint-Spyridon de Cargèse, dite « église grecque », est construite entre 1868 et 1874 par la communauté grecque de Cargèse, descendante de réfugiés maniotes fuyant l’occupation ottomane en 1676. Elle remplace une chapelle provisoire établie en 1775 dans une maison coloniale. Son architecture, inspirée du néo-gothique, intègre une nef unique séparée du sanctuaire par une iconostase offerte en 1886 par Mgr Siméoni, préfet de la Congrégation Propaganda Fide, et réalisée à Rome pour le monastère Santa Maria di Grottaferrata.
La construction, dirigée initialement par l’agent voyer Charles Vellut (à partir de 1854), est interrompue en 1866 faute de fonds, puis reprise en 1870 sous la supervision de Marsili. L’iconostase, œuvre de l’architecte romain Busiri Vici, et les peintures intérieures (réalisées par Nicolas Ivanoff puis restaurées à partir de 1987 par une équipe dirigée par G. Drobot) soulignent l’héritage byzantin des fondateurs. L’église est classée Monument Historique en 1990 pour son décor et son architecture.
Saint Spyridon, évêque chypriote du IIIe siècle et patron des marins, donne son nom à l’édifice, reflétant l’identité maritime et orthodoxe des Grecs de Cargèse. Ces derniers, installés en Corse après un exil via Gênes, obtinrent en 1676 le droit de conserver leur rite byzantin sous autorité papale, une particularité toujours vivace aujourd’hui. L’église coexiste avec l’église latine de l’Assomption, symbolisant la fusion des communautés grecque et corse.
Le site de Cargèse, choisi en 1775 par le marquis de Marbeuf (gouverneur français) pour reloger les Grecs après leur expulsion de Paomia, devient un lieu de mémoire. La tour d’Omigna, classée en 1991, rappelle les conflits du XVIIIe siècle entre Corses et Grecs. L’église Saint-Spyridon incarne ainsi une double histoire : celle d’une diaspora grecque en Méditerranée et celle d’une intégration progressive en terre corse.
Le décor intérieur, mêlant néoclassicisme et influences slaves (peintures russes du XIXe siècle), et les 13 niches de la nef, inscrites dans des arcs brisés, témoignent d’un syncrétisme artistique rare. L’édifice, avec son campanile octogonal et son lanternon, domine le golfe de Sagone, rappelant le rôle central de la foi dans la survie de cette communauté exilée.