Frise chronologique
1170-1177
Conflits abbatiaux
Conflits abbatiaux
1170-1177 (≈ 1174)
Donations à Saint-Martin de Pontoise et Saint-Denis.
1145-1210
Construction initiale
Construction initiale
1145-1210 (≈ 1178)
Nef et chœur édifiés, transition roman-gothique.
1561-1576
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1561-1576 (≈ 1569)
Style Renaissance, date gravée (1562).
1840
Premier classement MH
Premier classement MH
1840 (≈ 1840)
Annulé en 1845 pour restaurations inadaptées.
1868-1870
Restauration par les habitants
Restauration par les habitants
1868-1870 (≈ 1869)
Financement local, 60 000 francs dépensés.
1912
Reclassement MH
Reclassement MH
1912 (≈ 1912)
Décret du 12 mars, protection définitive.
1944
Dégâts de guerre
Dégâts de guerre
1944 (≈ 1944)
Vitraux détruits par des bombes.
1956
Nouveaux vitraux
Nouveaux vitraux
1956 (≈ 1956)
Création par Francis Chigot.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Sulpice : classement par décret du 12 mars 1912
Personnages clés
| Thibauld Ier de Gisors - Seigneur de Chars |
Donne sa part de collation à Saint-Martin de Pontoise (1170). |
| Rotrou de Warwick - Archevêque de Rouen |
Confirme la donation en 1170. |
| Abbé Lecelin - Abbé de Saint-Martin de Pontoise |
Installe le premier curé connu, Guillaume (1173). |
| Pierre et Nicolas Le Mercier - Architectes (attribution) |
Conception du clocher Renaissance (non prouvée). |
| Gilles Vivian et Jean Bretel - Artisans |
Construction du clocher (1561-1576). |
| Curé Huan - Curé de Chars |
Lance la restauration en 1868. |
| Jules Formigé - Architecte des MH |
Restaure le clocher (1925) et le chevet. |
| Francis Chigot - Maître verrier |
Crée les vitraux en 1956. |
| Abbé Léon Langlais - Dernier curé résident |
Décédé en 2015, 60 ans de sacerdoce. |
Origine et histoire
L’église Saint-Sulpice de Chars, située dans le Val-d’Oise, est un édifice religieux majeur des XIIe et XVIe siècles. Construite en une campagne prolongée entre 1145 et 1210, elle illustre la transition entre les styles roman et gothique. Son chœur, à l’élévation exceptionnelle sur quatre niveaux, préfigure les cathédrales gothiques de Picardie. La nef, achevée vers 1160, présente des voûtes d’ogives primaires et des chapiteaux sculptés d’une grande finesse, inspirés de Saint-Denis et de Saint-Germer-de-Fly.
Au XVIe siècle, l’effondrement du clocher central entraîne des remaniements majeurs : reconstruction des voûtes du transept et du chœur, modification des chapelles rayonnantes, et érection d’un nouveau clocher Renaissance (1561-1576) au-dessus du bas-côté sud. Ce clocher, attribué aux architectes Pierre et Nicolas Le Mercier, contraste avec le style médiéval de l’édifice. Les restaurations des XIXe et XXe siècles, souvent controversées, visent à préserver l’authenticité du monument, malgré des interventions maladroites comme l’exhaussement du sol de la nef en 1870.
Classée monument historique dès 1840 (déclassée en 1845 puis reclassée en 1912), l’église doit sa survie à l’engagement des habitants et des curés locaux, notamment les abbés Huan, Plaissonnet et Picard. Son mobilier, modeste, inclut une cloche de 1506 et une chaire rocaille du XVIIIe siècle. Aujourd’hui rattachée à la paroisse d’Avernes et Marines, elle accueille des offices occasionnels et reste un témoignage rare de l’architecture religieuse médiévale en Île-de-France.
La façade occidentale, typiquement romane, arbore un portail sculpté et une rosace du XIIe siècle, tandis que le chevet, remanié, mêle absidioles romanes et chapelles flamboyantes. Les vitraux modernes, créés par Francis Chigot en 1956, remplacent ceux détruits en 1944. L’église, entourée d’un parvis et dominée par un coteau boisé, marque le centre historique du bourg de Chars, dans le Parc naturel régional du Vexin français.
Son plan homogène, inspiré de Saint-Germer-de-Fly, comprend une nef étroite, un transept non saillant, un chœur à déambulatoire, et cinq chapelles rayonnantes. L’élévation à quatre étages du chœur, rare en France, et la rosace romane de 3,45 m de diamètre (croisillon nord) soulignent son originalité. Les restaurations du XXe siècle, menées par Jules Formigé, ont consolidé les structures fragilisées par les vibrations des trains et les éboulis du plateau.
L’église Saint-Sulpice incarne à la fois un héritage roman tardif et une innovation gothique précoce. Son histoire reflète les enjeux de pouvoir entre les abbayes de Saint-Martin de Pontoise et de Saint-Denis, ainsi que les défis de sa préservation, entre négligence étatique et initiatives locales. Aujourd’hui, elle reste un monument emblématique du Vexin français, classé pour son architecture et son rôle dans l’histoire religieuse régionale.