Frise chronologique
Début XVIe siècle (vers 1500-1550)
Construction de l'église
Construction de l'église
Début XVIe siècle (vers 1500-1550) (≈ 1508)
Style anglo-normand et charpente navale
XIXe siècle
Ajout des retables
Ajout des retables
XIXe siècle (≈ 1865)
Éléments en plâtre dans le chœur
21 septembre 1932
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
21 septembre 1932 (≈ 1932)
Église et terrain attenant protégés
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise et le terrain y attenant : classement par arrêté du 21 septembre 1932
Personnages clés
| Viollet-le-Duc - Architecte et théoricien |
Décrit la charpente comme anglo-normande |
| Famille de Fours - Donateurs ou protecteurs |
Armoiries sur la clé de voûte |
Origine et histoire
L'église Saint-Sulpice d'Heudicourt, construite au début du XVIe siècle (bien que certaines sources évoquent la 2e moitié du XVe), se distingue par son style architectural anglo-normand. Sa façade en appareil pseudidomos alterne silex taillé et pierres layées, tandis que sa charpente en coque inversée, inspirée des techniques navales, supporte une couverture d’ardoise. Le plan intérieur, cruciforme, comprend une nef sans bas-côtés, un transept, et un chœur en semi-octogone, le tout souligné par des fermes en berceau brisé et des entraits sculptés d’engoulants.
À l’intérieur, des lambris polychromes ornent les berceaux entre les fermes, et des statues en encorbellement aux couleurs vives – représentant des donateurs, des artisans ou des saints – animent les travées. La clé de voûte du sanctuaire arbore un ange tenant les armoiries de la famille de Fours, tandis que les quatre évangélistes, symbolisés par leurs attributs animaux (taureau, aigle, lion, homme), décorent la croisée du transept. Deux retables en plâtre du XIXe siècle encadrent le chœur, dédié à saint Sulpice.
L’édifice est classé monument historique depuis le 21 septembre 1932, avec son terrain attenant. Sa charpente, décrite par Viollet-le-Duc comme typique de l’architecture anglo-normande, témoigne d’un savoir-faire où fermes, pannes et chevrons s’assemblent sans entraits centraux. Les détails sculptés, comme les engoulants dévorant les poutres, ou les statues narratives (un charron présentant sa roue, un fidèle offrant son chapelet), reflètent une piété populaire médiévale mêlée d’artisanat local.
L’église partage des similitudes structurelles avec Saint-Aubin de Doudeauville-en-Vexin, notamment dans son décorum et son plan. Les matériaux locaux – grès pour les soubassements, silex pour les parements – soulignent son ancrage dans le Vexin normand, tandis que sa toiture en ardoise et ses éléments défensifs discrets (contreforts) évoquent une époque où les églises servaient aussi de refuges.
Aucune information n’est disponible sur les commanditaires initiaux, mais les armoiries des de Fours suggèrent leur rôle dans le financement ou la protection du lieu. Les ajouts du XIXe siècle (retables) montrent une restauration ou réappropriation cultuelle post-révolutionnaire, dans un contexte où le patrimoine religieux normand était souvent remanié.