Origine et histoire
L'église Saint-Sulpice de Montsoult, située dans le Val-d'Oise en Île-de-France, succède à un édifice médiéval des XIIe ou XIIIe siècles, presque entièrement reconstruit au XVIe siècle dans le style gothique flamboyant. Sa dédicace en 1543 marque son achèvement. L'édifice, caractérisé par un plan inhabituel à double nef (église-halle), a subi des instabilités structurelles dues au sol sableux, nécessitant plusieurs reprises en sous-œuvre. La façade classique du XVIIIe siècle, conçue pour être enduite, contraste avec l'intérieur marqué par huit voûtes d'ogives et des piliers ornés de frises sculptées. L'église, inscrite aux monuments historiques en 1926, a été restaurée entre 1967 et 1976 après des désordres majeurs, notamment au chevet et au clocher, reconstruit à l'identique.
L'histoire paroissiale de Montsoult remonte au moins au XIIIe siècle, comme en témoigne une pierre tombale disparue de 1275. Sous la Guerre de Cent Ans, l'église est probablement incendiée, puis reconstruite. Pendant la Révolution, le curé Nicolas Grégoire Col, prêtre jureur, remet les clés de l'église en 1794 avant de devenir instituteur. Les écussons héraldiques, dont ceux du connétable Anne de Montmorency, sont effacés. Au XIXe siècle, la paroisse est brièvement fusionnée avec Baillet-en-France, mais cette union est annulée en 1809. Le XXe siècle voit le déclin de la pratique religieuse et le regroupement des paroisses environnantes, avec une animation pastorale assurée par les pères Oratoriens jusqu'en 1968.
L'intérieur de l'église, dépouillé lors de la restauration des années 1970, conserve quelques éléments anciens : les fonts baptismaux du XVIe siècle, un tableau de la Résurrection du Christ, et quatre statues (Vierge à l'Enfant, sainte Geneviève, saint Jean-Baptiste, saint Sulpice). Les voûtes, supports et frises sculptées illustrent l'art flamboyant, tandis que l'extérieur, sobre, révèle des contreforts massifs et un clocher reconstitué. Une croix de cimetière Renaissance, classée avec l'église en 1926, complète l'ensemble. Aujourd'hui, Saint-Sulpice reste le principal lieu de culte d'un regroupement paroissial couvrant quatre communes.
La restauration de 1967-1976 a profondément modifié l'église : suppression du mobilier ancien (retables, chaire, vitraux), condamnation de la chapelle baptismale, et réaménagement des abords avec la création d'un jardin public. Le chevet, menacé de ruine, a été démoli et rebâti sur des fondations en béton armé, tandis que le clocher, désaxé, a été reconstruit en conservant seulement son beffroi et sa charpente. Ces travaux, bien que controversés pour leur radicalité, ont permis de stabiliser l'édifice, tout en effaçant des traces historiques comme les baies bouchées du chevet.
Le mobilier actuel inclut des œuvres contemporaines, comme les tableaux en faïence de Janine Marca (2000) représentant un chemin de croix et l'Annonciation. La cloche, refondue en 1938 après la disparition de l'originale de 1701, porte une inscription commémorative. Les dalles funéraires, dont celle d'Antoine de Bussy (1520), rappellent les figures locales, tandis que les statues et le tableau ancien témoignent de la richesse artistique passée. L'église, toujours active, accueille des messes dominicales et reste un symbole du patrimoine religieux valdoisien.