Frise chronologique
vers 1060
Fondation par Nivelon Ier
Fondation par Nivelon Ier
vers 1060 (≈ 1060)
Début des travaux et création d’un chapitre.
fin XIe siècle
Rattachement à Marmoutier
Rattachement à Marmoutier
fin XIe siècle (≈ 1195)
Installation des moines, absorption du chapitre.
XIIIe siècle
Construction du chœur gothique
Construction du chœur gothique
XIIIe siècle (≈ 1350)
Remplage trilobé et contreforts caractéristiques.
1400
Sculpture des statues (portail nord)
Sculpture des statues (portail nord)
1400 (≈ 1400)
Saint Pierre et saint Paul, classées en 1925.
1557
Achèvement du clocher Renaissance
Achèvement du clocher Renaissance
1557 (≈ 1557)
Étage de beffroi et couronnement sophistiqué.
1914–1918
Dégâts de la Première Guerre mondiale
Dégâts de la Première Guerre mondiale
1914–1918 (≈ 1916)
Destruction partielle du chœur.
1862, 1885, 1920
Classements Monuments Historiques
Classements Monuments Historiques
1862, 1885, 1920 (≈ 1920)
Protection progressive de l’édifice et du clocher.
1926–1930
Reconstruction du chœur
Reconstruction du chœur
1926–1930 (≈ 1928)
Travaux dirigés par Collin et Guéritte.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 7 août 1885 et par arrêté du 5 février 1920
Personnages clés
| Nivelon Ier - Seigneur de Pierrefonds (mort en 1072) |
Fondateur de l’église et du chapitre. |
| Thibaut de Pierrefonds - Évêque de Soissons (XIe siècle) |
Rattachement de l’église au diocèse. |
| Hilgod (ou Hilgot) - Évêque de Soissons puis abbé de Marmoutier |
Confie la cure aux chanoines (1085). |
| Nivelon II - Seigneur de Pierrefonds (XIIe siècle) |
Don de la chapelle Saint-Mesme aux moines. |
| André Collin et Armand Guéritte - Architectes (XXe siècle) |
Reconstruction du chœur après 1918. |
Origine et histoire
L’église Saint-Sulpice de Pierrefonds, située dans l’Oise, est un édifice aux origines complexes, mêlant styles roman et gothique. Fondée vers 1060 par le seigneur Nivelon Ier, elle abritait initialement un chapitre de chanoines avant d’être rattachée à l’abbaye de Marmoutier (Tours) à la fin du XIe siècle. La crypte, cœur historique du monument, conserve la tombe de Nivelon et une source thermale à l’origine du nom de Pierrefonds (« pierre qui fond »). Les trois arcades romanes subsistantes, datées vers 1100, relient le chœur gothique (XIIIe siècle) aux nefs flamboyantes (XVe–XVIe siècles), témoignant d’une reconstruction progressive.
La configuration actuelle résulte de transformations majeures : la nef romane, remplacée à la fin du Moyen Âge par une double nef pour accueillir les pèlerins, contraste avec le chœur du XIIIe siècle, reconstruit à l’identique après les destructions de la Première Guerre mondiale (1926–1930). Le clocher, dont la base est gothique (XIIIe), s’achève par un étage Renaissance (1557) orné de niches et d’un lanternon. Classée Monument Historique dès 1862, puis en 1885 (clocher) et 1920 (reste de l’édifice), l’église illustre l’évolution architecturale et spirituelle de la région, entre seigneurialité, monachisme et culte thermal.
La crypte, partiellement souterraine, est un vestige rare des églises rurales romanes des Hauts-de-France. Organisée en trois vaisseaux voûtés en berceau, elle abritait un pèlerinage lié à la source et aux reliques, aujourd’hui inaccessible en raison de restaurations inachevées (dès 1948). Les chapiteaux romans, similaires à ceux de l’abbatiale Saint-Léger de Soissons, et les arcades aveugles soulignent son rôle dans la dévotion médiévale. À l’extérieur, les portails flamboyants (XVe siècle), notamment celui du nord orné de statues de saint Pierre et saint Paul (1400), reflètent la richesse sculpturale de l’époque, malgré les damages révolutionnaires.
L’église, ouverte quotidiennement, reste un lieu de culte actif au sein de la paroisse Notre-Dame-de-Neuffontaine, tout en incarnant un patrimoine marqué par les conflits (guerres, humidité destructrice) et les reconstructions. Son mobilier classé, comme la cloche de 1574 ou le tabernacle du XVIIe siècle, complète un ensemble où se mêlent histoire locale, architecture sacrée et mémoire seigneuriale.