Frise chronologique
XIIIe siècle (fin)
Construction du portail gothique
Construction du portail gothique
XIIIe siècle (fin) (≈ 1384)
Portail en granit à arc brisé
1472
Peintures murales datées
Peintures murales datées
1472 (≈ 1472)
Fresques des péchés capitaux signées
1789-1799
Cachot de la statue mariale
Cachot de la statue mariale
1789-1799 (≈ 1794)
Statue dissimulée pendant la Révolution
1875
Redécouverte de Notre-Dame de Lorette
Redécouverte de Notre-Dame de Lorette
1875 (≈ 1875)
Relance du culte par l’abbé Duroisel
XIXe siècle (fin)
Pose des vitraux actuels
Pose des vitraux actuels
XIXe siècle (fin) (≈ 1899)
Ateliers Lobin, Fournier et Jurie
21 juillet 1967
Classement monument historique
Classement monument historique
21 juillet 1967 (≈ 1967)
Protection officielle de l’édifice
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. A 605) : classement par arrêté du 21 juillet 1967
Personnages clés
| Abbé Eugène Duroisel - Curé de Roussines (1875-1889) |
Relança le culte marial |
| Émile Mâle - Historien de l’art |
Étudia les fresques médiévales |
| Saint Sulpice - Patron de l’église |
Dédicace religieuse originale |
| Lucien Lacour - Chercheur contemporain |
A analysé la cavalcade des péchés |
| Ateliers Lobin - Vitrailistes (XIXe siècle) |
Créateurs des vitraux actuels |
Origine et histoire
L’église Saint-Sulpice de Roussines, édifiée entre le XIIIe et le XVe siècle dans le Boischaut Sud, est un témoignage remarquable de l’architecture religieuse rurale du Moyen Âge. Son portail gothique en granit, daté de la fin du XIIIe siècle, et sa nef unique à quatre travées reflètent les influences stylistiques de l’époque, mêlant sobriété et symbolisme. Le contexte de sa construction coïncide avec l’essor des églises paroissiales en Berry, région marquée par l’influence de l’archevêché de Bourges.
Les techniques employées, comme les voûtes sur croisée d’ogives et les chapiteaux ornés, illustrent la diffusion des innovations gothiques dans les campagnes. Au XVe siècle, l’église fut enrichie de peintures murales, dont une rare représentation des sept péchés capitaux sous forme d’une cavalcade allégorique. Ces fresques, datées de 1472, suggèrent une commande locale, peut-être liée à un ordre mendiant, pour éduquer les fidèles par l’image.
Un épisode marquant de son histoire moderne est la redécouverte, en 1875, d’une statue de Notre-Dame de Lorette cachée pendant la Révolution. L’abbé Eugène Duroisel, curé de la paroisse, relança alors le culte marial et financa des restaurations grâce à une confrérie dédiée. Classée monument historique en 1967, l’église a bénéficié de campagnes de restauration préservant ses vitraux du XIXe siècle (ateliers Lobin, Fournier) et ses décors peints.
Aujourd’hui, elle attire pour son patrimoine iconographique unique et son rôle dans l’histoire religieuse du Berry. Les fresques, notamment la cavalcade des péchés capitaux, font l’objet d’études pour leur originalité dans le Centre-Val de Loire. Leur disposition circulaire et leur style carnavalesque en font un exemple rare hors des Alpes ou du Lot.
L’édifice reste un lieu de culte actif, intégré à la paroisse de Saint-Benoît-du-Sault. Son clocher couvert de bardeaux et son chevet plat en font un repère architectural dans le paysage du Boischaut. Les archives locales mentionnent des réparations aux XVIIe et XVIIIe siècles, mais peu de modifications majeures, ce qui explique son état de conservation exceptionnel.
Les vitraux, installés à la fin du XIXe siècle, remplacent probablement des ouvertures plus anciennes. La notoriété de l’église dépasse le cadre régional grâce aux travaux d’historiens comme Émile Mâle, qui a souligné l’importance de ses peintures. Des publications récentes, comme celles de Lucien Lacour, approfondissent encore son étude.
Enfin, son intégration dans des itinéraires touristiques du patrimoine religieux de l’Indre renforce son attractivité, tout en posant des défis de conservation face à l’afflux de visiteurs.