Origine et histoire de l'Église Saint-Sulpice
L'église Saint-Sulpice, située à Saint-Sulpice-de-Faleyrens en Gironde, trouve ses origines à la fin du XIe ou au début du XIIe siècle. Elle fut construite sur l’emplacement d’un ancien édifice mérovingien, puis donnée en 1110 par Arnaud Guiraud au monastère de Saint-Émilion. De cette période romane, il ne subsiste aujourd’hui que l’arc triomphal, quatre chapiteaux du sanctuaire et certains modillons de la corniche, dont certains représentent des scènes symboliques comme des lions affrontés ou des masques humains reliés par un serpent, évoquant le péché originel.
Au XIXe siècle, l’église subit des transformations majeures : en 1845, un grand portail fut percé dans l’abside romane pour en faire un porche d’entrée, détruisant la fenêtre axiale. La nef fut prolongée vers l’ouest, et des sacristies furent ajoutées de part et d’autre de l’abside. Sous l’impulsion du Cardinal Donnet, vers le milieu du XIXe siècle, l’organisation traditionnelle du sanctuaire à l’est fut rétablie, avec la construction d’un autel dans l’axe de l’arc triomphal. Un clocher néo-roman surmonté d’une flèche en pierre et un porche sud furent également érigés.
Les restaurations du XXe siècle, notamment entre 1989 et 1993, ont permis de démolir les sacristies du XIXe siècle et de restaurer les fenêtres de l’abside, révélant à nouveau le chevet roman. À l’intérieur, la nef, voûtée en anse de panier et ornée de pilastres cannelés surmontés de chapiteaux ioniques, témoigne du décor du premier tiers du XIXe siècle. Une pierre de consécration du XIIe siècle, dédiée aux saints Sulpice-Sévère et Sulpice le Pieux, est classée monument historique depuis 1912.
L’église abrite également des éléments remarquables comme un cadran canonial réutilisé dans le bas-côté sud, une croix de mission datée de 1867, et le mécanisme d’une horloge du XIXe siècle, restauré en 2012. Classée monument historique en 2008, elle illustre l’évolution architecturale et artistique d’un édifice religieux sur près de neuf siècles.
Les modillons romans du chevet, bien que partiellement remplacés au XIXe siècle, offrent un aperçu de l’iconographie médiévale, avec des représentations de bêtes maléfiques, de têtes humaines ou de musiciens, bien que moins cohérents que dans d’autres églises de la région. Ces éléments, associés à la pierre de consécration et aux chapiteaux sculptés, soulignent l’importance historique et symbolique du site.