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Église Saint-Sylvestre de Jailly dans la Nièvre

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise romane

Église Saint-Sylvestre de Jailly

    Le Bourg
    58330 Jailly
Propriété de la commune
Église Saint-Sylvestre de Jailly
Église Saint-Sylvestre de Jailly
Église Saint-Sylvestre de Jailly
Église Saint-Sylvestre de Jailly
Église Saint-Sylvestre de Jailly
Église Saint-Sylvestre de Jailly
Église Saint-Sylvestre de Jailly
Crédit photo : Alexis Burnier - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1050
Fondation du prieuré clunisien
XIe–XIIe siècles
Construction de l'église
1470
Déclin du prieuré
1773–1787
Alertes du curé Laproye
1840
Classement monument historique
1858–1889
Restaurations majeures
1995
Dernière campagne de travaux
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise : classement par liste de 1840

Personnages clés

Prosper Mérimée - Inspecteur des Monuments historiques Classa l’église en 1840.
Jean-Baptiste Laproye - Curé de Jailly (1773–?) Acheta l’église à la Révolution.
Massillon Rouvet - Architecte diocésain Releva l’église en 1876.
François Gabriel du Verne - Prieur (1731–1745) Constata la pauvreté de l’édifice.
Paul Sébillot - Folkloriste Recueillit la légende des fées.

Origine et histoire

L'église Saint-Sylvestre de Jailly, édifiée au XIIe siècle dans la Nièvre, est un remarquable exemple d’architecture romane. Classée monument historique dès 1840 grâce à l’intervention de Prosper Mérimée, elle se distingue par sa construction en gradins adaptée à la pente du terrain. Son chevet pentagonal, ses absidioles et son clocher octogonal ajouré de baies géminées illustrent la maîtrise des bâtisseurs médiévaux. Une légende locale attribue sa construction inachevée aux fées, incapables de terminer l’ouvrage avant minuit.

À l’origine, l’église appartenait à un prieuré clunisien fondé vers 1050, dont les moines reçurent des terres de la commune. Les travaux, débutés au XIe siècle, s’étalèrent jusqu’au XIIe, mais le monastère déclina dès le Moyen Âge tardif. Les visites clunisiennes des XIVe et XVe siècles décrivent un lieu « de faible valeur », avec des bâtiments en ruine et un mobilier liturgique dégradé. En 1470, seul le prieur résidait encore sur place. Les siècles suivants aggravèrent la détérioration : en 1773, le curé Jean-Baptiste Laproye alerte sur l’état critique de l’édifice, menacé d’effondrement.

La Révolution marqua un tournant : l’église, devenue bien national, fut rachetée par le curé Laproye, qui la légua à la commune à sa mort. Les bâtiments prieuraux, quant à eux, furent détruits vers 1833. Plusieurs campagnes de restauration, notamment en 1858-1859 et 1887-1889, permirent de sauver l’édifice. La nef, partiellement reconstruite, conserve une travée trapézoïdale due à un défaut d’alignement. Le portail, orné de sculptures romanes (animaux affrontés, masques, entrelacs), fut restauré en 1887 après une première intervention de Mérimée en 1835.

L’intérieur révèle un chœur bénédictin à deux travées voûtées en berceau, flanqué d’absidioles peu profondes. La croisée du transept, surmontée d’une coupole octogonale sur trompes, supporte un clocher inspiré de ceux de Cluny ou de La Charité-sur-Loire. Les chapiteaux, d’une décoration parfois naïve (volutes, dents-de-scie, feuilles stylisées), contrastent avec la sobriété des élévations. Une cloche en bronze de 1567, classée monument historique en 1943, témoigne du patrimoine mobilier préservé.

Le folklore local, recueilli par Paul Sébillot, évoque des fées ayant bâti l’église en une nuit, sans pouvoir l’achever avant l’aube. Cette légende, reprise par l’architecte Massillon Rouvet en 1876, explique l’état inachevé de la façade. Selon la tradition, les tentatives ultérieures de réparations échouèrent mystérieusement. Aujourd’hui, l’église, ouverte en été, domine la vallée de la Canne et reste un symbole du patrimoine rural nivernais.

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