Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Église Saint-Sylvestre-et-Sainte-Colombe de Colombiers dans l'Hérault

Église Saint-Sylvestre-et-Sainte-Colombe de Colombiers

    5 Place du Presbytère
    34440 Colombiers

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
600
700
1200
1300
1700
1800
1900
2000
Ve–VIe siècle (période paléochrétienne)
Origines présumées
Fin Xe–XIIe siècle
Construction romane
XVIIe siècle
Construction du clocher
1782
Réparations du clocher
1855
Incendie par la foudre
1868
Agrandissement de l’église
1987
Restauration majeure
1992
Vitrail de l’abside
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Maître Cardos - Maçon Réparations du clocher en 1782.
Maître Razimbaud - Sculpteur Chapiteaux en granit (XIXe).
Maître verrier Gesta - Artisan verrier Vitraux ajoutés en 1868.
Père Itié - Curé de la paroisse Initiateur de la restauration (1987).
Colette Vidal et Josiane Joyeux - Artistes verriers Vitrail de l’abside (1992).

Origine et histoire

L’église Saint-Sylvestre-et-Sainte-Colombe de Colombiers, située dans l’Hérault, est un monument dont les origines remontent à une époque indéterminée, probablement paléochrétienne. Un premier lieu de culte fut édifié sur une butte proche de l’ancienne voie domitienne. Bien que sa date exacte d’implantation reste inconnue, des vestiges comme deux chapiteaux à crochets et un autel wisigothique, classé monument historique, attestent de cette période primitive. Les fouilles ont également révélé un cimetière antique avec des tombes à lauze et des sarcophages, dont l’un, dit à acrotères, est exposé dans l’église.

L’église romane, construite entre la fin du Xe siècle et le XIIe siècle, se distingue par son abside orientée à l’est, son appareil en pierres blondes régulier, et son style lombard. Les arcatures jumelles en plein cintre, les bandes lombardes et les oculi remaniés caractérisent cette période. Une seule absidiole subsiste, peut-être en raison de la fragilité du terrain. Les fouilles récentes ont révélé que le sanctuaire roman était moins profond que l’actuel, et la voûte en arc brisé de la travée du chœur permet de dater l’ensemble de la fin du XIe et du XIIe siècle.

À l’époque moderne, l’église subit plusieurs transformations. Au XVIIe siècle, un clocher surmonté d’une flèche de trois mètres est érigé, mais des réparations deviennent nécessaires en 1782, menées par le maître maçon Cardos. En 1855, la foudre endommage le clocher, entraînant la suppression de sa flèche et une réduction de sa hauteur. En 1868, l’église est agrandie, les murs repoussés, et des fresques ainsi que des vitraux, réalisés par le maître verrier Gesta de Toulouse, sont ajoutés. Les colonnes monolithes en granit poli, ornées de chapiteaux à feuilles d’acanthe, sont l’œuvre du maître Razimbaud de Béziers.

Le mobilier de l’église inclut des éléments remarquables : des fonts baptismaux médiévaux, une vierge en marbre blanc du XVIIIe siècle, et des vitraux représentant des figures saintes, dont une rosace inspirée de Raphaël. Une pierre tombale en marbre blanc, dédiée à Victoire de Barbier, et un tableau anachronique du XIXe siècle représentant saint Sylvestre sacrant l’empereur Constantin, complètent cet ensemble. Enfin, une stèle funéraire romaine dédiée à Octavia rappelle l’ancienne occupation du site.

En 1987, sous l’impulsion du père Itié, curé de la paroisse, et avec l’aide de la municipalité et de bénévoles, l’édifice est restauré pour retrouver sa simplicité originelle. Les ajouts superflus sont supprimés, redonnant à l’église son unité et son caractère méditatif. Cette restauration marque une étape clé dans la préservation de ce patrimoine historique et religieux.

Liens externes