Origine et histoire de l'Église Saint-Symphorien
L’église Saint-Symphorien d’Azay-le-Rideau trouve ses origines au début du XIe siècle. Une charte de l’abbaye de Cormery, datée entre 1026 et 1037, atteste qu’Geoffroy, fils d’Amaric du château de l’Isle, offrit aux moines bénédictins les ruines d’une église dédiée à saint Symphorien, alors en ruine et envahie par la faune sauvage. Les religieux reconstruisirent la nef et l’abside dans un style roman, tout en y adjoignant un moulin, des terres et une famille de serfs attachée au domaine. Ce premier édifice marqua la renaissance du lieu de culte sur ce site stratégique près de l’Indre.
Au XIIe siècle, l’église fut agrandie : la nef principale fut rehaussée, et un clocher, une nef latérale nord ainsi qu’une seconde abside furent ajoutés. Ces modifications reflétaient l’essor démographique et religieux de la région. Trois siècles plus tard, en 1518, deux travées vinrent prolonger la nef latérale nord jusqu’à une nouvelle façade en pignon, de style Renaissance, sous la direction du maître maçon Estienne Rocher. Ce chantier illustre l’adaptation de l’édifice aux besoins d’une population croissante, dans un contexte de renouveau architectural marqué par l’influence des châteaux de la Loire.
Le XVIIe siècle vit l’ajout d’une chapelle seigneuriale, commanditée en 1603 par Dame Antoinette Raffin, épouse de Guy de Lansac. Cette chapelle, achevée en 1617, s’ouvrait sur le mur méridional et communiquait directement avec le parc du château voisin, symbolisant le lien étroit entre pouvoir seigneurial et lieu de culte. L’église, classée monument historique en 1908, conserve des traces de ces époques variées, dont des fresques redécouvertes en 1997 et des vitraux des XIXe et XXe siècles, témoignages de restaurations successives.
Les vitraux actuels, œuvres des ateliers Lobin (XIXe siècle), Max Ingrand (1955) et Jacques Grüber, remplacent ceux détruits pendant la Seconde Guerre mondiale. Le mobilier liturgique contemporain, conçu par Dominique Kaeppelin, contraste avec les éléments médiévaux et renaissants, offrant un panorama artistique couvrant près d’un millénaire. L’édifice, propriété de la commune, reste un témoin majeur de l’histoire religieuse et architecturale de la Touraine, entre héritage monastique et influences nobles.