Frise chronologique
XIe siècle
Première mention de l'église
Première mention de l'église
XIe siècle (≈ 1150)
Édifice religieux déjà présent à Gy.
1640
Siège endommageant l'ancienne église
Siège endommageant l'ancienne église
1640 (≈ 1640)
Bâtiment repris à la fin du XVIIe.
1765
Décision de reconstruction
Décision de reconstruction
1765 (≈ 1765)
Projet confié à Henri Frignet.
1769-1774
Reconstruction de l'édifice
Reconstruction de l'édifice
1769-1774 (≈ 1772)
Dirigée par Tournier et Frignet.
1781
Réalisation du baldaquin
Réalisation du baldaquin
1781 (≈ 1781)
Dessiné par Jorion, sculpté par Deschamps.
28 août 1950
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
28 août 1950 (≈ 1950)
Protection officielle de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Symphorien : inscription par arrêté du 28 août 1950
Personnages clés
| Henri Frignet - Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées |
Auteur des plans initiaux (1765). |
| Michel-Antoine Tournier - Maître maçon bisontin |
Dirigea le chantier de 1769 à 1774. |
| Cardinal Antoine-Clériade de Choiseul-Beaupré - Dignitaire religieux |
Posa la première pierre. |
| Jean-Baptiste Michel Deschamps - Sculpteur et doreur |
Réalisa le baldaquin (1781). |
| Jorion de Nancy - Dessinateur |
Conçut les plans du baldaquin. |
| Charles Marca - Gypseur bisontin |
Sculpta la chaire à prêcher. |
Origine et histoire
L'église Saint-Symphorien de Gy, située dans le département de la Haute-Saône en Bourgogne-Franche-Comté, est un édifice religieux reconstruit entre 1769 et 1774 sous la direction de l’ingénieur Henri Frignet et du maître maçon Michel-Antoine Tournier. Le projet, inspiré des basiliques antiques romaines, visait à moderniser l’édifice existant depuis le XIe siècle, en adoptant un plan basilical à trois nefs, sans transept, avec un chevet plat. La première pierre fut posée par le Cardinal de Choiseul-Beaupré, mais des contraintes budgétaires imposèrent de conserver l’ancien clocher du XVIIe siècle, raccordé à la nouvelle nef. L’intérieur, marqué par des colonnes ioniques et un éclairage zénithal via des oculi, reflète l’influence des églises parisiennes contemporaines comme Saint-Philippe-du-Roule.
Le mobilier de l’église illustre un mélange de styles néoclassique et baroque. Le baldaquin du maître-autel (1781), dessiné par Jorion de Nancy et sculpté par Jean-Baptiste Michel Deschamps, domine l’espace avec ses colonnes corinthiennes et ses dorures. Les peintures, dont une toile représentant saint Symphorien (patron de la paroisse) et deux tableaux de Camille Chazal (1860), complètent un décor sobre mais élégant. Les autels latéraux (1792), en harmonie avec le maître-autel, intègrent des médaillons peints et des retables. L’édifice, inscrit aux Monuments Historiques en 1950, conserve aussi des éléments plus anciens, comme une cuve baptismale du XVe siècle et une crucifixion en bois polychrome du XVIIe siècle, classés séparément.
La reconstruction de l’église s’inscrit dans un contexte plus large de renouvellement urbain en Franche-Comté au XVIIIe siècle. Grâce aux revenus issus de la vente des « quarts de réserve » (bois communaux destinés à la futaie, selon l’ordonnance de Colbert), les communes financèrent des équipements publics, dont des églises. Gy, alors ceinte de remparts, voyait son ancienne église, endommagée lors du siège de 1640, remplacée par un édifice plus fonctionnel. Le cimetière attitré, autrefois adjacent à l’église (avec des espaces réservés aux pestiférés et charbonniers), fut déplacé au début du XIXe siècle. L’architecture « à la grecque » de Saint-Symphorien, rare en province, témoigne de l’influence des Lumières et du désir de rationalité dans les constructions religieuses de l’époque.
Les artisans locaux jouèrent un rôle clé dans la réalisation du projet. Charles Colombot dessina les décors en stuc, tandis que Charles Marca (gypseur bisontin) sculpta la chaire en forme de « bonbonnière », et Claude Perron (tailleur de pierre de Gy) réalisa son socle. Le baldaquin, chef-d’œuvre de Deschamps, fut inspiré par les modèles parisiens, mais adapté aux moyens locaux. Malgré des moyens limités, l’église devint un fleuron du patrimoine de la Haute-Saône, symbolisant la transition entre l’Ancien Régime et les idéaux classiques. Aujourd’hui, elle abrite encore des objets liturgiques classés, comme un calice du XVIIIe siècle et un retable dédié à la Vierge, autrefois conservé au musée de Gray.