Origine et histoire de l'Église Saint-Symphorien
L’église Saint-Symphorien de La Gripperie-Saint-Symphorien, édifiée dès le XIIe siècle, était conçue pour accueillir des pèlerins attirés par une fontaine miraculeuse et des reliques attribuées à saint Symphorien, martyr des premiers temps chrétiens. Selon la tradition, ces reliques, initialement conservées à Sainte-Marie-d’Arvert, furent cachées puis redécouvertes après les invasions normandes, avant d’être transférées dans cette église. Son plan en croix latine et ses dimensions imposantes reflétaient son rôle central dans la dévotion locale.
Les guerres franco-anglaises (Guerre de Cent Ans) endommagèrent gravement l’édifice, entraînant la perte de ses bras de transept et probablement de son clocher d’origine. Au XVe siècle, une campagne de reconstruction agrandit l’église, juxtaposant des éléments romans (nef, abside) et gothiques (collatéraux, clocher cylindrique coiffé d’une flèche en ardoise). La façade, typique de l’art roman saintongeais, conserve un portail sculpté orné de 32 personnages dansants et de motifs animaliers, surmonté d’une baie romane.
À l’intérieur, une coupole octogonale sur trompes supporte le clocher, tandis que deux peintures à l’huile du XVIIe siècle (par l’artiste saintongeais Bragny) décorent les murs : l’une représentant le martyre de saint Symphorien (1641), l’autre l’Assomption de la Vierge (1676). Plusieurs dalles funéraires et une chapelle des reliques surélevée, accessible par un escalier de pierre, témoignent de son passé religieux mouvementé. Classée monument historique en 1995, l’église illustre l’évolution architecturale et spirituelle de la Saintonge.
Le site abrite aussi une fontaine miraculeuse, toujours visible près du flanc droit du sanctuaire, entourée d’une petite chapelle blanchie à la chaux. Cette fontaine, étape majeure du pèlerinage médiéval, renforce le caractère sacré du lieu. Les conflits et reconstructions successives ont effacé une partie de son histoire, mais les vestiges romans et les ajouts gothiques en font un témoignage rare de la piété médiévale et des transformations architecturales liées aux guerres.
Le clocher circulaire, unique en Charente-Maritime, résulte de la surélévation d’une souche carrée par une tour ronde percée de fenêtres cintrées. Ce détail, comme les griffons sculptés du portail ou les vertus et vices représentés sur la baie supérieure, souligne l’influence des ateliers romans saintongeais. Les réparations des XIXe et XXe siècles (couvrement du chœur en brique, restaurations des maçonneries) ont préservé cet héritage, tout en altérant certains éléments originaux.