Frise chronologique
1173
Canonisation de Thomas Becket
Canonisation de Thomas Becket
1173 (≈ 1173)
Saint patron de l’église, canonisé
1214
Première mention de l’église
Première mention de l’église
1214 (≈ 1214)
Donation par Anselme d’Avrieux
1630
Épidémie de peste
Épidémie de peste
1630 (≈ 1630)
47 morts, vœu des habitants
1660
Reconstruction du chœur
Reconstruction du chœur
1660 (≈ 1660)
Autorisation de l’évêque Berzet
1660-1673
Reconstruction du chœur
Reconstruction du chœur
1660-1673 (≈ 1667)
Pierre Bertrand, inspiration d’Aussois.
1678
Consécration de l’église
Consécration de l’église
1678 (≈ 1678)
Par l’évêque Hercule Berzet.
15 mai 1678
Consécration de l’église
Consécration de l’église
15 mai 1678 (≈ 1678)
Par Hercule Berzet, évêque
1989
Classement monument historique
Classement monument historique
1989 (≈ 1989)
Protection officielle de l’édifice.
29 décembre 1989
Classement monument historique
Classement monument historique
29 décembre 1989 (≈ 1989)
Protection officielle du patrimoine
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. A 377) : classement par arrêté du 29 décembre 1989
Personnages clés
| Thomas Becket - Saint patron de l’église |
Canonisé en 1173, vocable rare |
| Anselme d’Avrieux - Seigneur et donateur (1214) |
Origine anglaise possible, fondateur |
| Pierre Bertrand - Maçon, reconstructeur du chœur |
Contrat de 1660 pour 700 florins |
| Augustin Bertrand - Peintre et sculpteur local |
Retable et tableau de Becket |
| Hercule Berzet - Évêque de Maurienne (XVIIe) |
Autorisa travaux et consécration |
| Joseph Damié - Abbé et curé d’Avrieux |
Commande autel Rosaire, décor peint. |
| Laurent Portaz - Sculpteur du retable (1673) |
Autel latéral saint Blaise |
Origine et histoire
L’église Saint-Thomas-Becket d’Avrieux, située dans le département de la Savoie, trouve ses origines dans une première mention en 1214 sous le nom Ecclesia de Aprili. Dédiée à Thomas Becket, saint anglais canonisé en 1173, elle est liée à la donation de biens par Anselme d’Avrieux et ses enfants, potentiellement d’origine anglaise selon des sources controversées. Les visites pastorales des XVIe et XVIIe siècles attestent la présence de reliques du saint dans l’édifice, soulignant son importance spirituelle et son ancrage dans les échanges entre la Savoie et l’Angleterre.
La reconstruction majeure de l’église intervient au XVIIe siècle, motivée par un vœu des habitants après une épidémie de peste en 1630. En 1649, l’évêque Paul Milliet commue ce vœu en l’obligation de refaire le chœur, réalisé entre 1660 et 1673 par le maçon Pierre Bertrand et les artistes locaux Laurent Portaz et Augustin Bertrand. Le chœur, couvert d’une coupole, s’inspire de l’église Notre-Dame-de-l’Assomption d’Aussois. Le retable baroque, orné de colonnes torses et de statues (saint Thomas, saint Blaise), est doré en 1680 par le maître Pierre Milandre d’Anvers pour 1 000 florins. L’église est consacrée en 1678 par l’évêque Hercule Berzet.
Les autels latéraux, dédiés à saint Blaise (1677) et au Rosaire (1684, renommé chapelle Saint-Joseph), illustrent l’évolution liturgique et artistique de l’édifice. Une crypte, creusée en 1685 sous le vestibule, servait initialement de sépulture hivernale avant d’être transformée en chapelle. L’église, de plan traditionnel savoyard (trois nefs et dôme), intègre aussi un décor peint sur la façade nord représentant le cortège des vices et des vertus, attribué à l’abbé Joseph Damié. Classée monument historique en 1989, elle témoigne du baroque alpestre et des liens historiques entre la Maurienne et l’Europe.
L’architecture de l’église s’inscrit dans la tradition des églises de Maurienne, avec une nef à trois travées précédée d’un narthex voûté. Son emplacement stratégique sur la route du Mont-Cenis, axe majeur vers l’Italie, renforce son rôle à la fois religieux et symbolique. Les sources archéologiques et historiques, comme les travaux du chanoine Bellet ou de Raoul Durand, soulignent son importance patrimoniale, mêlant influences locales (sculptures des Bertrand) et européennes (dorures flamandes).