Frise chronologique
1173
Canonisation de Thomas Becket
Canonisation de Thomas Becket
1173 (≈ 1173)
Date postérieure à la fondation initiale
9 mai 1557
Consécration de l’église
Consécration de l’église
9 mai 1557 (≈ 1557)
Dédicace par l’évêque de Mégare
XVIIe siècle
Remaniements majeurs
Remaniements majeurs
XVIIe siècle (≈ 1750)
Modification fenêtres, contreforts, corniche nord
16 février 1970
Classement monument historique
Classement monument historique
16 février 1970 (≈ 1970)
Inscription par arrêté ministériel
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Fin XXe siècle
Démolition d’un étage du clocher
Démolition d’un étage du clocher
Fin XXe siècle (≈ 2095)
Pour raisons de stabilité structurelle
Patrimoine classé
Eglise (cad. A 49) : inscription par arrêté du 16 février 1970
Personnages clés
| Thomas Becket - Saint patron de l’église |
Archevêque de Cantorbéry, canonisé en 1173 |
| François Guary - Curé de Villiers-le-Sec |
Dalle funéraire classée (décès en 1629) |
| Charles Charnier - Laboureur et procureur seigneurial |
Dalle funéraire familiale classée (1620) |
| Mathieu Lours - Historien de l’art |
Auteur d’une étude sur l’église (2008) |
Origine et histoire
L'église Saint-Thomas-Becket, dédiée à Thomas Becket (canonisé en 1173), est un édifice catholique paroissial situé à Villiers-le-Sec, dans le Val-d'Oise. Sa construction, datée de la seconde moitié du XVIe siècle, s’achève en 1557 avec une consécration solennelle le 9 mai de cette année. Le style Renaissance domine, bien que des éléments gothiques flamboyants persistent, notamment dans les voûtes et les fenêtres. L’édifice se distingue par son plan à double nef, une rareté régionale, et par la présence des trois ordres antiques (dorique, ionique, corinthien) sur un seul niveau d’élévation. La façade et le clocher, dépourvus de style marqué, furent ajoutés postérieurement, altérant l’harmonie initiale.
L’histoire de Villiers-le-Sec remonte à l’époque carolingienne, avec des mentions dans les titres de l’abbaye de Saint-Denis sous Louis le Pieux. La paroisse, démembrée de Belloy-en-France, apparaît au XIIIe siècle. L’église actuelle remplace un édifice antérieur, dont la chapellenie Notre-Dame de Bon-Secours, fondée par les seigneurs locaux, est attestée dès 1425. Sous la Révolution, la paroisse est supprimée, puis rattachée à Belloy-en-France après le Concordat de 1801. Classée monument historique en 1970, l’église conserve un mobilier modeste, dont une chaire à prêcher baroque et trois dalles funéraires du XVIIe siècle classées.
L’intérieur révèle une architecture soignée, malgré des remaniements ultérieurs. Les voûtes, soutenues par des piliers aux chapiteaux doriques, ioniques et corinthiens, illustrent la transition entre gothique et Renaissance. Les fenêtres, partiellement bouchées au XVIIe siècle, mêlent arcs brisés et plein cintre. À l’extérieur, la corniche sud, ornée d’agrafes sculptées, témoigne de l’ambition initiale, contrastant avec les modifications postérieures. Aujourd’hui, l’église, toujours active, accueille des messes selon le rite tridentin, perpétuant une tradition liturgique rare.
Les désordres structurels, partiellement corrigés par des tirants en fer, et les transformations des XVIIe et XXe siècles (démolition d’un étage du clocher) ont altéré son apparence. Pourtant, l’édifice reste un exemple remarquable d’adaptation du style Renaissance à une échelle modeste, comme le souligne Mathieu Lours. Les dalles funéraires classées, dont celle de Charles Charnier (1620), offrent un aperçu de la société locale au XVIIe siècle, mêlant laboureurs aisés et notables.
La localisation de l’église, à proximité de l’ancienne route royale Paris-Chantilly, et son affiliation historique au diocèse de Paris (puis de Pontoise) soulignent son ancrage dans le paysage religieux et social de la région. Malgré sa petite taille, Villiers-le-Sec (moins de 200 habitants) maintient une vie cultuelle active, avec des célébrations dominicales régulières, préservant ainsi un patrimoine à la fois architectural et immatériel.