Frise chronologique
1269
Fondation de la première église
Fondation de la première église
1269 (≈ 1269)
Par Andrea Malaspina, marquis de Massa.
3e quart XVIe siècle (vers 1560)
Construction de l'édifice actuel
Construction de l'édifice actuel
3e quart XVIe siècle (vers 1560) (≈ 1662)
Donations et gestion par les Olivétains.
1792
Ajout du chœur
Ajout du chœur
1792 (≈ 1792)
Modification majeure de la structure.
1872-1886
Campagnes de restauration
Campagnes de restauration
1872-1886 (≈ 1879)
Travaux intérieurs et extérieurs pour délabrement.
1913
Déplacement du clocher
Déplacement du clocher
1913 (≈ 1913)
Modification architecturale finale.
1987
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1987 (≈ 1987)
Protection officielle de l'édifice et de son mobilier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Thomas (cad. E 383) : inscription par arrêté du 15 janvier 1987
Personnages clés
| Andrea Malaspina - Marquis de Massa |
Fonda l’église en 1269 et nomma Belgodère. |
| Giuseppe Marchesi - Peintre corse (1823-1893) |
Auteur des peintures du chœur (1849). |
| Cardinal Fesch - Mécène et collectionneur |
Dona *Le Songes de saint Joseph* (XVIIe). |
| Prieur Malaspina - Seigneur local (XVIIe) |
Assassiné en 1630 pour ses abus. |
Origine et histoire
L'église Saint-Thomas de Belgodère, dédiée à San Tumasgiu, trouve ses origines en 1269 lorsque Andrea Malaspina, marquis de Massa, fonde une première église sur ce site stratégique offrant une vue dégagée jusqu’à la mer. Ce seigneur féodal, séduit par la position défensive et le panorama, y établit son castrum et donne au lieu son nom actuel, Belgodère (« beau plaisir »), reflétant à la fois son admiration pour le paysage et la nécessité de se prémunir contre les raids barbaresques.
La structure actuelle résulte de deux phases majeures de construction : le 3e quart du XVIe siècle (vers 1560), période où l’édifice est érigé grâce à des donations et confié aux Olivétains, et le 4e quart du XVIIIe siècle (avec l’ajout du chœur en 1792). L’église, de style baroque à coupoles, subit des restaurations critiques entre 1872 et 1886 pour remédier à son état de délabrement. Son clocher est déplacé en 1913, tandis que les peintures du chœur (1849) et les décors de la façade sont l’œuvre de Giuseppe Marchesi, artiste corse renommé.
Classée Monument Historique en 1987, l’église abrite un patrimoine artistique exceptionnel : cinq tableaux des XVIIe et XVIIIe siècles (dont Le Songes de saint Joseph, don du cardinal Fesch), des statues en marbre (Vierge de l’Assomption, Saint Antoine), et un retable sculpté. Ces œuvres, souvent liées à des confréries locales comme celle du Saint-Sacrement, témoignent de la richesse culturelle de la Balagne sous les influences génoise et française. Le bâtiment, avec sa nef centrale et ses chapelles latérales transformées en nefs secondaires, incarne l’adaptation des formes religieuses aux besoins communautaires.
Le site s’inscrit dans un contexte historique mouvementé : la piève de Tuani, à laquelle Belgodère appartient dès le Moyen Âge, est marquée par des tensions seigneuriales (comme l’assassinat du Prieur Malaspina en 1630) et des recompositions territoriales (création du canton de Belgodère en 1790). Au XXe siècle, la commune, occupée par les troupes italiennes en 1942-1943, voit son église devenir un symbole de résistance culturelle, tandis que la restauration de la chapelle Notre-Dame-de-Lozari en 2013 illustre la vitalité du patrimoine local.
Architecturalement, l’église se distingue par ses quatre coupoles coiffant les chapelles latérales et son chevet plat, typiques du baroque insulaire. Son portail, encadré de pilastres corinthiens et surmonté d’un fronton triangulaire, reflète les influences classiques italiennes. Les vestiges alentour, comme la tour génoise de Losari (XVIe siècle) ou les ruines du couvent des Servites, rappellent le rôle défensif et spirituel de Belgodère, carrefour entre montagne et littoral en Balagne.