Frise chronologique
Fin du Ve siècle
Mort de saint Trésain
Mort de saint Trésain
Fin du Ve siècle (≈ 595)
Origine légendaire de la première église
VIIe siècle
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye
VIIe siècle (≈ 750)
Par Berthe d'Avenay, mobilier conservé
1103
Charte du comte Hugues
Charte du comte Hugues
1103 (≈ 1103)
Reconstruction légendaire après miracle
1147
Première mention officielle
Première mention officielle
1147 (≈ 1147)
Bulle du pape Eugène III
XIIIe siècle (début)
Construction de l'église actuelle
Construction de l'église actuelle
XIIIe siècle (début) (≈ 1315)
Style gothique initial
XVIe siècle
Transformations majeures
Transformations majeures
XVIe siècle (≈ 1650)
Nef, chœur, clocher et façade refaits
1770-1780
Construction de l'orgue
Construction de l'orgue
1770-1780 (≈ 1775)
Par Cochu ou Péronard
23 mai 1845
Classement monument historique
Classement monument historique
23 mai 1845 (≈ 1845)
Parmi les premiers en France
1954-1978
Classement du mobilier
Classement du mobilier
1954-1978 (≈ 1966)
Tableaux et orgue protégés
2011-2012
Première tranche de restauration
Première tranche de restauration
2011-2012 (≈ 2012)
Consolidation des piliers
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par avis de classement du 23 mai 1845
Personnages clés
| Saint Trésain - Missionnaire évangélisateur |
Origine légendaire de l'église (Ve siècle) |
| Berthe d'Avenay - Fondatrice de l'abbaye |
Mobilier conservé dans l'église (VIIe siècle) |
| Hugues de Champagne - Comte de Champagne |
Charte de 1103 pour la reconstruction |
| Eugène III - Pape |
Première mention officielle en 1147 |
| Philippe le Bel - Roi de France |
Mention dans un acte royal (1272) |
| Cochu ou Péronard - Facteurs d'orgues |
Constructeurs de l'orgue (XVIIIe siècle) |
Origine et histoire
L'église Saint-Trésain d'Avenay-Val-d'Or, située dans la Marne, trouve ses origines dans une légende remontant à la fin du Ve siècle. Selon certains historiens, sa construction initiale serait liée à la mort de saint Trésain, un missionnaire venu des îles Britanniques pour évangéliser la Champagne. Au VIIe siècle, Berthe d'Avenay fonde une abbaye dont le mobilier est aujourd'hui conservé dans l'église. Les sources attestent que l'édifice paroissial précède cette abbaye, bien que les preuves matérielles manquent pour cette période lointaine.
La construction de l'église actuelle débute au XIIIe siècle, comme en témoignent les premières mentions officielles : une bulle papale d'Eugène III en 1147, une charte d'Albéric de Humbert en 1214, et un acte royal de Philippe le Bel en 1272. Le comte Hugues de Champagne, guéri miraculeusement selon la légende, aurait signé en 1103 une charte pour sa reconstruction. De style gothique, l'édifice subit des transformations majeures au XVIe siècle : refonte de la nef, ajout de baies dans le chœur, édification du clocher actuel et reprise de la façade avec un portail gothique flamboyant.
Classée monument historique dès 1845, l'église conserve un patrimoine mobilier exceptionnel. Quatre tableaux du XVIIe siècle, un orgue des années 1770-1780 provenant de l'abbaye Saint-Pierre, et des reliques de saints locaux (Gombert, Berthe, Ursule) y sont abrités. Les statues ornant le portail, ajoutées au XIXe siècle, complètent cet ensemble. Depuis 2011, des campagnes de restauration visent à préserver sa structure, comme la consolidation des piliers réalisée entre 2011 et 2012.
Les sources historiques soulignent son lien avec l'ancienne abbaye royale bénédictine d'Avenay, aujourd'hui détruite. Les objets liturgiques, dont deux antependiums du XVIIe siècle représentant Le Martyre de saint Gombert et L'Enfant Jésus portant sa croix, ainsi qu'un tableau de La Fondation de l'abbaye par sainte Berthe (début XVIIe), illustrent cette continuité spirituelle. L'orgue, classé partiellement en 1959 et 1975, avec son buffet en chêne sculpté de 1776, témoigne de l'artisanat d'époque.
La légende de saint Trésain, mêlée à l'histoire de l'évangélisation de la Champagne, confère à cette église une dimension symbolique forte. Les miracles attribués à sainte Berthe, saint Gombert et saint Trésain, évoqués dans les chartes médiévales, ont marqué la dévotion locale. Aujourd'hui, l'édifice reste un lieu de mémoire et de culte, incarnant près de quinze siècles d'histoire religieuse et architecturale en Grand Est.