Frise chronologique
537
Donation royale à saint Vaast
Donation royale à saint Vaast
537 (≈ 537)
Clotaire Ier offre Angicourt à saint Vaast.
869
Confirmation par Charles II le Chauve
Confirmation par Charles II le Chauve
869 (≈ 869)
Charte confirmant la seigneurie à Saint-Vaast.
1024
Échange avec Jumièges
Échange avec Jumièges
1024 (≈ 1024)
Angicourt échangé contre Haspres sous pression épiscopale.
1140-1150
Campagne romane tardive
Campagne romane tardive
1140-1150 (≈ 1145)
Chapelle orientée et quarts de piles du clocher.
1170-1180
Construction de la nef gothique
Construction de la nef gothique
1170-1180 (≈ 1175)
Nef, bas-côtés et croisillon sud édifiés.
1240-1245
Construction du chœur-halle
Construction du chœur-halle
1240-1245 (≈ 1243)
Transept et chœur refaits, baies élégantes ajoutées.
1862
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1862 (≈ 1862)
Protection parmi les premiers monuments classés.
1907-1938
Restaurations majeures
Restaurations majeures
1907-1938 (≈ 1923)
Travaux post-guerres et lutte contre l'humidité.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Clotaire Ier - Roi des Francs |
Offrit Angicourt à saint Vaast en 537. |
| Saint Vaast - Évêque intérimaire de Beauvais |
Bénéficiaire de la donation, patron de l'église. |
| Charles II le Chauve - Roi des Francs |
Confirma la seigneurie à Saint-Vaast en 869. |
| H. Chaine - Architecte en chef |
Dirigea les premières restaurations en 1907. |
| A. Collin - Architecte en chef |
Menait les restaurations de 1920 à 1938. |
Origine et histoire
L'église Saint-Vaast d'Angicourt, située dans l'Oise (Hauts-de-France), est un édifice catholique paroissial marqué par deux campagnes majeures de construction. La nef, ses bas-côtés et le croisillon sud, de style gothique primitif, datent de 1170-1180, tandis que le chœur-halle, aux vastes fenêtres au remplage élégant, fut érigé vers 1240-1245. Ce chœur se distingue par ses dimensions généreuses, contrastant avec la nef, témoin rare de la première période gothique en milieu rural. Ses voûtes sexpartites, exceptionnelles pour une église de village, imposent une disposition originale des supports.
À l'origine dédiée à saint Étienne, l'église fut placée sous le vocable de saint Vaast après 537, lorsque Clotaire Ier offrit Angicourt à l'évêque en remerciement de ses conseils. Le corps de saint Vaast y fut déposé pour le protéger des invasions normandes, liant durablement l'édifice à l'abbaye Saint-Vaast d'Arras. Au IXe siècle, Charles II le Chauve confirma par charte la donation d'Angicourt à cette abbaye. Cependant, en 1024, l'abbaye échangea Angicourt avec Jumièges sous pression épiscopale, avant de le récupérer vers 1070-1080. Sous l'Ancien Régime, la seigneurie resta propriété de Saint-Vaast, tandis que la cure relevait de l'abbaye Saint-Germer-de-Fly.
L'architecture révèle trois campagnes distinctes : les parties romanes tardives (1140-1150) incluent une chapelle orientée et des quarts de piles du clocher ; la nef gothique (1170-1180) introduit des arcs-boutants et des voûtes sexpartites ; enfin, le chœur-halle (1240-1245) unifie le transept et le chœur avec des baies élégantes. Le clocher, aux baies gémelées finement ouvragées, et le porche occidental datent de cette dernière période. Malgré son classement précoce en 1862, l'église, laissée à l'abandon, fut restaurée au XXe siècle après des dommages causés par les deux guerres mondiales.
Le mobilier médiéval comprend une cuve baptismale du XIIe siècle, un autel roman, et une statue de saint Louis du XIIIe siècle. Une peinture murale du XIIIe siècle, représentant le Christ Juge et un saint évêque, a aujourd'hui disparu. Les fonts baptismaux, classés en 1862, précèdent même l'édifice actuel. L'église, affiliée à la paroisse Saint-Martin du Liancourtois, illustre les liens complexes entre les abbayes de Saint-Vaast, Jumièges, et l'évêque de Beauvais, reflétant les enjeux politiques et religieux du Moyen Âge.
Les restaurations du XXe siècle, menées par les architectes H. Chaine (1907) puis A. Collin (1920-1938), sauvèrent l'édifice de la ruine. Les travaux inclurent la reprise des voûtes, des arcs-boutants, et du clocher, ainsi que l'abaissement du sol extérieur pour lutter contre l'humidité. Les toits en appentis des bas-côtés, initialement en maçonnerie figurant des écailles, furent remplacés, obstruant partiellement les baies hautes de la nef. Aujourd'hui, l'église conserve son plan cruciforme irrégulier, marqué par des dissymétries à l'est, et son élévation sobre, typique de la transition roman-gothique.