Frise chronologique
vers 1140
Reconstruction de la nef
Reconstruction de la nef
vers 1140 (≈ 1140)
Voûtement d'ogives précoces et ajouts roman.
première moitié du XIIIe siècle
Construction du transept et abside
Construction du transept et abside
première moitié du XIIIe siècle (≈ 1325)
Style gothique primitif et chapelles orientées.
XVe–XVIe siècles
Reconstruction du collatéral nord
Reconstruction du collatéral nord
XVe–XVIe siècles (≈ 1650)
Rehaussement et revoûtement flamboyant.
11 septembre 1906
Classement monument historique
Classement monument historique
11 septembre 1906 (≈ 1906)
Protection officielle de l'édifice.
1937
Début des problèmes structurels
Début des problèmes structurels
1937 (≈ 1937)
Mise en place d'un coffrage interne.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 11 septembre 1906
Personnages clés
| Saint Vaast d'Arras - Patron de l'église |
Dédicace sans lien prouvé avec Arras. |
| Chanoines de Saint-Lucien de Bury - Curés primitifs |
Patronage et nomination des vicaires. |
| Dominique Vermand - Historien de l'art |
Recherches sur les voûtes d'ogives. |
| Jean Vergnet-Ruiz - Auteur d'une étude (1952) |
Description architecturale détaillée. |
Origine et histoire
L'église Saint-Vaast de Saint-Vaast-lès-Mello, située dans l'Oise en région Hauts-de-France, est un édifice catholique paroissial dont la construction s'échelonne entre le XIIe et le XIIIe siècle. Sa nef, remarquable pour ses voûtes d'ogives précoces (vers 1140), illustre une transition entre les styles roman et gothique. Les chapiteaux archaïques et les culs-de-lampe en têtes grimaçantes témoignent de cette période charnière. Le transept et l'abside, de style gothique primitif, datent de la première moitié du XIIIe siècle, tandis que le collatéral nord, aussi haut que la nef, a connu deux campagnes de reconstruction ultérieures.
La nef, d’une étroitesse inhabituelle (3,15 m), révèle des particularités architecturales comme des fenêtres hautes aveugles côté nord et des ogives aux profils rares (boudin en amande). Le portail occidental, richement décoré de motifs en bâtons brisés et de fleurs de violette, contraste avec l’austérité générale de l’édifice. Le portail méridional, en cintre surhaussé, arbore un décor d’arcatures plaquées unique dans la région, inspiré de modèles orientaux. Ces éléments font de l’église un témoin rare des expérimentations architecturales du Beauvaisis au Moyen Âge.
Classée monument historique en 1906, l’église souffre depuis 1937 de problèmes structurels majeurs, avec des arcades étayées et un coffrage interne dans la croisée du transept. Malgré des restaurations partielles (notamment sur les piles du clocher), son état reste précaire. Affiliée à la paroisse Sainte-Claire de Mouy, elle conserve un mobilier remarquable, dont des fonts baptismaux du XIIe siècle et une poutre à logettes du XVIe siècle, classés à titre d’objets.
L’histoire de l’église reste mal connue, bien que son patronage ait appartenu aux chanoines de Saint-Lucien de Bury, qui la faisaient desservir par un vicaire perpétuel. Aucune preuve ne lie l’édifice à l’abbaye Saint-Vaast d’Arras, malgré sa dédicace à saint Vaast. Quatre campagnes de construction majeures ont marqué son évolution : la nef romane (vers 1140), le transept et l’abside (XIIIe siècle), le rehaussement du collatéral nord (XIIIe–XVe siècles), et des modifications tardives (XVIe siècle).
À l’extérieur, la façade occidentale, composite, mêle un mur du XIe siècle et un portail roman tardif. Les croisillons et le chœur, couverts de dalles de pierre calcaire, présentent des contreforts et des fenêtres caractéristiques du gothique primitif. Le clocher, à bâtière, domine un transept non saillant, tandis que les chapelles orientées, voûtées en berceau brisé, rappellent des modèles régionaux comme ceux de Santeuil ou Séry-Magneval.
L’intérieur, sobre et dépouillé, est marqué par des étayages omniprésents, altérant la perception des volumes. Les voûtes d’ogives de la nef, parmi les plus anciennes de l’Oise, retombent sur des culs-de-lampe sculptés ou des colonnettes romanes. Le collatéral nord, revoûté à la période flamboyante, conserve des traces de peintures murales, tandis que le chœur, à abside outrepassée, abrite un retable classique du XVIIIe siècle. Malgré son état fragile, l’église reste un exemple unique de superposition des styles et des techniques constructives médiévales.