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Église Saint-Victor-et-Sainte-Madeleine de Chastel-Marlhac au Monteil dans le Cantal

Patrimoine classé Eglise romane Eglise Clocher-mur

Église Saint-Victor-et-Sainte-Madeleine de Chastel-Marlhac

    Chastel
    15240 Le Monteil
Propriété de la commune
Église Saint-Victor-et-Sainte-Madeleine de Chastel-Marlhac
Église Saint-Victor-et-Sainte-Madeleine de Chastel-Marlhac
Crédit photo : EmDee - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1185
Bulle pontificale
XIIe siècle
Construction initiale
XVe siècle
Reconstruction gothique
1794
Saccage révolutionnaire
1822
Reconstruction du clocher
10 octobre 1963
Classement MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise (cad. A 202) : inscription par arrêté du 10 octobre 1963

Personnages clés

Marie le Loup de Beauvoir - Abbesse de Blesle (1427–1447) Supervise la reconstruction gothique du chœur.
Isabelle le Loup de Beauvoir - Abbesse de Blesle (1447–1481) Poursuit les travaux du XVe siècle.
Citoyen Chou-fleur Roux - Commandant révolutionnaire (1794) Ordonne la destruction du clocher.

Origine et histoire

L'église Saint-Victor-et-Sainte-Madeleine de Chastel-Marlhac, située dans le Cantal, est un édifice emblématique du style roman auvergnat, marqué par des transformations gothiques. Construite au XIIe siècle, elle fut modifiée au XVe siècle sous l’influence de l’abbaye de Blesle, dont elle dépendait comme prieuré de moniales nobles. Son porche roman, typique de la Haute-Auvergne, partage des similitudes avec ceux de Sauvat ou Salers, tandis que son chœur et ses chapelles latérales adoptent un style gothique, avec des voûtes d’ogives et des arcs brisés.

En 1185, une bulle pontificale confirme son rattachement à l’abbaye bénédictine de Blesle (Haute-Loire). Au XIVe siècle, le prieuré est réuni au couvent de Blesle, entraînant le départ des moniales. Le chœur et les chapelles, reconstruits au XVe siècle sous les abbatiats de Marie le Loup de Beauvoir (1427–1447) et Isabelle le Loup de Beauvoir (1447–1481), intègrent des éléments romans réemployés, comme des chapiteaux sculptés. La nef, initialement voûtée en berceau, reste inachevée.

La Révolution française marque un tournant violent : en 1794, le citoyen Chou-fleur Roux, commandant révolutionnaire, ordonne la destruction du clocher et le brûlement des statues pour punir les habitants accusés d’avoir sonné le tocsin. Les paysans, forcés d’assister au saccage, pleurent la perte de leur lieu de culte, selon les récits de l’époque. Le clocher-mur est reconstruit en 1822, portant cette date.

Classée monument historique en 1963, l’église conserve des traces de son passé médiéval et révolutionnaire. Son vocable, initialement dédié à sainte Madeleine, s’enrichit ultérieurement de saint Victor. L’édifice mêle ainsi histoire religieuse, architecture romane et gothique, et mémoire des bouleversements politiques.

Aujourd’hui, l’église se distingue par son porche massif aux décors de palmettes, ses culots sculptés (animaux, masques) dans les chapelles, et sa cuve baptismale romane. Les niches gothiques des chapelles latérales, surmontées d’inscriptions médiévales, témoignent de la transition stylistique entre les deux époques de construction.

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