Frise chronologique
XIIe siècle
Construction de la nef
Construction de la nef
XIIe siècle (≈ 1250)
Nef romane à contreforts et portails sculptés.
XIIIe siècle
Surélévation du chœur
Surélévation du chœur
XIIIe siècle (≈ 1350)
Ajout de voûtes ogivales et baies gothiques.
1638
Reconstruction de la chapelle sud
Reconstruction de la chapelle sud
1638 (≈ 1638)
Financée par Louis Le Patouf, sieur de la Cavée.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Parmi les premiers édifices protégés en France.
25 octobre 1945
Explosion du dépôt d'explosifs
Explosion du dépôt d'explosifs
25 octobre 1945 (≈ 1945)
Destruction partielle de la tour et voûtes.
1952
Fin des restaurations
Fin des restaurations
1952 (≈ 1952)
Rétablissement du culte après travaux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Saint Vigor - Évêque de Bayeux |
Patron de l'église, vocable médiéval. |
| Jean de Breuilly - Patron de la cure (vers 1350) |
Détient la portion majeure du bénéfice. |
| Guillaume du Fournet - Patron secondaire de la cure |
Associé à la portion mineure vers 1350. |
| Louis Le Patouf - Seigneur de la Cavée |
Reconstructeur de la chapelle sud (1638). |
| Augustin de Baudre - Seigneur d'Asnières |
Litre funéraire dans la chapelle (mort en 1782). |
| Paul Colas - Architecte en chef |
Dirigea la restauration post-1945. |
Origine et histoire
L'église Saint-Vigor d'Asnières-en-Bessin est un édifice catholique d'origine romane, partiellement reconstruit au XIIIe siècle. Située dans le département du Calvados, elle se distingue par sa nef du XIIe siècle, ses modillons sculptés et son chœur surélevé. L'édifice, dédié à saint Vigor, évêque de Bayeux, reflète les évolutions architecturales médiévales, mêlant éléments roman (portails, corniches) et gothique (voûtes ogivales, baies en lancettes). Son clocher carré, orné d'arcatures aveugles et surmonté d'une flèche octogonale, illustre cette dualité stylistique.
Classée monument historique dès 1840, l'église a subi des dommages majeurs en 1945 lors de l'explosion d'un dépôt d'explosifs, détruisant sa tour, ses verrières et une partie de sa voûte. La restauration, menée par les architectes Paul Colas et Paul Leroy entre 1945 et 1952, a permis de rouvrir l'édifice au culte. Les travaux ont notamment restitué les fenêtres romanes du côté sud et préservé les modillons historiés, dont certains représentent des visages humains ou des animaux. Une plaque commémorative, apposée dans la chapelle sud, rend hommage aux victimes de l'explosion.
L'intérieur conserve des traces d'une litre funéraire, attribuée à Augustin de Baudre, seigneur d'Asnières mort en 1782, dont les armoiries ornent les murs de la chapelle méridionale. Cette dernière, reconstruite en 1638 par Louis Le Patouf, sieur de la Cavée, abrite aussi une pierre gravée attestant de cette rénovation. Le transept, le chœur plat percé de trois baies et la nef à contreforts témoignent de l'évolution du site, marqué par des ajouts et des réparations au fil des siècles.
L'église Saint-Vigor incarne à la fois un patrimoine religieux et une mémoire locale, liée aux seigneurs du lieu et aux bouleversements historiques, comme les conflits du XXe siècle. Son classement précoce et ses restaurations successives soulignent son importance dans le paysage monumental normand, entre héritage médiéval et résilience moderne.