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Église Saint-Vigor d'Athis-de-l'Orne à Athis-de-l'Orne dans l'Orne

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise gothique

Église Saint-Vigor d'Athis-de-l'Orne

    18-22 Place Saint-Vigor
    61430 Athis-Val de Rouvre
Propriété de la commune
Église Saint-Vigor dAthis-de-lOrne
Église Saint-Vigor dAthis-de-lOrne
Église Saint-Vigor dAthis-de-lOrne
Église Saint-Vigor dAthis-de-lOrne
Église Saint-Vigor dAthis-de-lOrne
Crédit photo : Ikmo-ned - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1852
Rapport de vétusté
1854
Approbation du devis
1857
Début des travaux
1867
Achèvement de la flèche
1888–1894
Décoration peinte
1895
Fin des travaux
16 février 2006
Inscription MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'église en totalité (cad. C 440) : inscription par arrêté du 16 février 2006

Personnages clés

Victor Ruprich-Robert - Architecte diocésain Conçoit le projet initial en 1854.
Dominique Dedaux - Architecte départemental Rédige le rapport de 1852.
Romule Murie - Architecte Dirige la flèche en 1867.
Louis Amiard - Architecte Achève le chœur (1879–1880).
Louis Chifflet - Peintre-décorateur Réalise les fresques (1888–1894).

Origine et histoire

L’église Saint-Vigor d’Athis-de-l’Orne, située dans l’actuelle commune d’Athis-Val de Rouvre (Orne, Normandie), fut construite entre 1857 et 1895 pour remplacer un édifice médiéval jugé trop vétuste. Le projet initial, confié à l’architecte diocésain Victor Ruprich-Robert, prévoyait une église néo-romane à trois nefs, mais les travaux, marqués par des interruptions et des modifications, s’étalèrent sur près de 40 ans en raison de problèmes techniques et financiers. La pierre calcaire des piliers, trop tendre, et des erreurs de construction (comme un arc surhaussé) obligèrent à des corrections coûteuses. Plusieurs architectes se succédèrent, dont Romule Murie (flèche, 1867) et Louis Amiard (achèvement du chœur, 1879–1880).

L’intérieur de l’église se distingue par un décor sculpté (chapiteaux, pilastres) et des peintures murales réalisées entre 1888 et 1894 par Louis Chifflet, dont le chœur évoque l’art byzantin. Le granite utilisé, de teintes variées, crée une polychromie remarquable sur les contreforts et les baies. L’édifice, caractérisé par un clocher-porche, une nef à grandes arcades en plein cintre, et un chevet à pans coupés, fut finalement inscrit aux Monuments historiques en 2006 pour son intérêt architectural et patrimonial.

La construction fut ponctuée de difficultés administratives et économiques. Dès 1852, un rapport de l’architecte départemental Dominique Dedaux soulignait la nécessité de remplacer l’ancienne église, dont le devis initial (137 210 francs) fut approuvé en 1854. Les travaux, lancés en 1857, furent interrompus à plusieurs reprises, notamment entre 1858 et 1866, période durant laquelle des modifications non conformes furent réalisées par un architecte non identifié. La voûte, initialement prévue en brique, fut construite en lattis et plâtre avant d’être détruite sur ordre de Ruprich-Robert. La municipalité sollicita à plusieurs reprises des aides de l’État pour mener à terme le projet, qui s’acheva en 1895 avec l’ajout d’une deuxième sacristie.

L’église Saint-Vigor illustre les défis de la construction religieuse au XIXe siècle, entre ambitions architecturales, contraintes budgétaires et adaptations techniques. Son histoire reflète aussi l’évolution des styles, avec un néo-roman teinté d’influences byzantines dans les décors peints, et l’importance des artisans locaux comme Chifflet, dont l’œuvre murale reste un témoignage artistique majeur de la période.

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