Frise chronologique
Fin IXe siècle
Installation viking
Installation viking
Fin IXe siècle (≈ 995)
Base de Kétil Flatnes sur la colline.
1214–1215
Partage des dîmes
Partage des dîmes
1214–1215 (≈ 1215)
Don à l'église de Fécamp par Hugues de Morville.
13 juillet 1346
Adoubement du Prince Noir
Adoubement du Prince Noir
13 juillet 1346 (≈ 1346)
Édouard III y fait chevalier son fils.
1485–1497
Construction de la tour
Construction de la tour
1485–1497 (≈ 1491)
Tour fortifiée érigée par les trésoriers.
11 octobre 1971
Classement monument historique
Classement monument historique
11 octobre 1971 (≈ 1971)
Protection officielle de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Vigor (cad. C 903) : classement par arrêté du 11 octobre 1971
Personnages clés
| Kétil Flatnes - Roi des Hébrides |
Installa une base au IXe siècle. |
| Mathilde de Flandre - Reine, épouse de Guillaume le Conquérant |
Offrit l'église à l'abbaye aux Dames. |
| Hugues de Morville - Évêque de Coutances (1208–1238) |
Partagea les dîmes en 1214–1215. |
| Édouard III - Roi d'Angleterre |
Adouba son fils en 1346. |
| Jehan Dumesnil - Curé de Quettehou (XVe siècle) |
Initiateur de la tour fortifiée. |
| Placide Viel - Bienheureuse (XIXe siècle) |
Reliques conservées dans l'église. |
Origine et histoire
L'église Saint-Vigor de Quettehou, située dans le département de la Manche en Normandie, est un édifice catholique classé monument historique. Elle se dresse sur une hauteur dominant la baie de Saint-Vaast, à l'ouest du bourg de Quettehou. Son histoire remonte au moins au IXe siècle, lorsque Kétil Flatnes, roi des Hébrides, y installa une base sur la colline.
Jusqu'en 1215, l'église dépendait de l'abbaye aux Dames de Caen, offerte par la reine Mathilde, épouse de Guillaume le Conquérant. En 1214 ou 1215, Hugues de Morville, évêque de Coutances, partagea les dîmes de Quettehou entre son chapitre et l'église de Fécamp. L'édifice actuel, avec sa nef et son chœur, date de la première moitié du XIIIe siècle, remplaçant une ancienne église romane. La nef fut reconstruite par les habitants, tandis que le chœur le fut par les bénédictins de Fécamp.
Un événement marquant eut lieu le 13 juillet 1346, lorsque le roi d'Angleterre Édouard III, débarqué en Normandie, adouba son fils, le futur Prince Noir, ainsi que plusieurs jeunes nobles dans l'église. Une plaque commémorative rappelle cet épisode. La tour carrée fortifiée, érigée entre 1485 et 1497, fut financée par les trésoriers de l'église, dont Jehan Dumesnil, curé, et les paroissiens. Elle arbore des gargouilles et un oculus décoré d'une dédicace.
Le bas-côté sud, commencé au XVIe siècle et achevé en 1765, s'éclaire par de larges baies. La nef, divisée en cinq travées, et le chœur, orné de rosaces normandes, abritent des graffitis marins des XVIIe et XVIIIe siècles, dont un vaisseau de l'époque de Tourville. L'église conserve aussi des vitraux du XXe siècle représentant les armes de familles nobles locales, ainsi qu'un mobilier classé, comme un Christ de pitié des XIVe–XVe siècles.
Le cimetière adjacent abrite la tombe de Catherine Dursus La Boissaye (1725–1815), veuve d'un officier, décrite comme un « modèle de toutes les vertus ». L'église, classée en 1971, abrite également les reliques de la bienheureuse Placide Viel (XIXe siècle), soulignant son importance religieuse et patrimoniale.