Frise chronologique
1100 (environ)
Première mention de Chemillé
Première mention de Chemillé
1100 (environ) (≈ 1100)
Bourg cité pour la première fois.
1200 (environ)
Statut de paroisse
Statut de paroisse
1200 (environ) (≈ 1200)
Chemillé désigné comme paroisse un siècle après.
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Chœur, abside et clocher romans édifiés.
1580
Chapelle seigneuriale
Chapelle seigneuriale
1580 (≈ 1580)
Construction ordonnée par Claude du Chesne.
1784
Reconstruction de la nef
Reconstruction de la nef
1784 (≈ 1784)
Nef agrandie et chapelle sud ajoutée.
1874
Travaux majeurs
Travaux majeurs
1874 (≈ 1874)
Prolongement de la nef et aménagement du clocher.
27 novembre 1951
Inscription du chœur
Inscription du chœur
27 novembre 1951 (≈ 1951)
Protection au titre des monuments historiques.
1998
Restauration de la cloche
Restauration de la cloche
1998 (≈ 1998)
Cloche *Maria* (1367) remise en état.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Choeur : inscription par arrêté du 27 novembre 1951
Personnages clés
| Claude du Chesne - Seigneur de Chemillé |
Commanditaire de la chapelle seigneuriale en 1580. |
Origine et histoire
L'église Saint-Vincent de Chemillé-sur-Indrois, située en Centre-Val de Loire, est un édifice catholique dont les origines remontent au XIIe siècle. Elle est édifiée dans un bourg mentionné pour la première fois à cette époque, bien que le terme de « paroisse » n’apparaisse qu’un siècle plus tard. De cette période subsistent le chœur (inscrit en 1951), son abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four, et le clocher carré désaxé vers le sud. Ces éléments romans, comme les modillons décorant la corniche extérieure de l’abside, témoignent de l’architecture religieuse médiévale locale.
Au XVIe siècle, l’église est enrichie par Claude du Chesne, seigneur de Chemillé, qui ordonne en 1580 la construction d’une chapelle seigneuriale au nord du chœur. Cette chapelle, ornée des armoiries familiales (« D'azur deux fasces d'or »), abrite une statue de saint Claude des XIVe–XVe siècles et deux vitraux du XVIe siècle représentant le fondateur avec son épouse et un ecclésiastique. Ces ajouts reflètent l’influence des familles nobles sur les édifices religieux à la Renaissance.
Les XVIIe et XVIIIe siècles voient des modifications majeures, notamment en 1784 avec la reconstruction et l’agrandissement de la nef vers l’ouest, ainsi que l’ajout d’une chapelle sud. Le style architectural de ces extensions imite celui de la chapelle seigneuriale, assurant une harmonie visuelle. En 1874, d’importants travaux transforment à nouveau l’édifice : la nef est prolongée, une rosace néoromane est ajoutée au-dessus du portail, et le rez-de-chaussée du clocher est aménagé en chapelle. Ces interventions du XIXe siècle illustrent les restaurations fréquentes des églises rurales sous le Second Empire et la Troisième République.
Le mobilier de l’église inclut des pièces remarquables, comme une cloche de 1367 nommée Maria, provenant de la chartreuse du Liget et classée parmi les plus anciennes d’Indre-et-Loire. Le chœur abrite également une chaire en bois sculpté issue de la même chartreuse, ainsi qu’un Christ en croix inscrit aux monuments historiques. Parmi les vitraux, une Mise au tombeau du XIIe siècle, dans le chœur, utilise une technique rare de verre rapporté sans plomb, constituant un témoignage unique en France.
L’édifice, orienté atypiquement du nord-ouest au sud-est, domine le bourg de Chemillé-sur-Indrois, en bordure de la route départementale D760 et près d’un méandre de l’Indrois. Son cimetière attenant, situé au sud-ouest, souligne son rôle central dans la vie communautaire depuis le Moyen Âge. Aujourd’hui, l’église reste un lieu de culte actif et un patrimoine protégé, reflétant près de neuf siècles d’histoire religieuse et architecturale locale.