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Église Saint-Vincent de Chemillé-sur-Indrois en Indre-et-Loire

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise néo-romane Eglise romane

Église Saint-Vincent de Chemillé-sur-Indrois

    83-84 Le Bourg
    37460 Chemillé-sur-Indrois
Propriété de la commune
Église Saint-Vincent de Chemillé-sur-Indrois
Église Saint-Vincent de Chemillé-sur-Indrois
Église Saint-Vincent de Chemillé-sur-Indrois
Crédit photo : ManuD - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1100 (environ)
Première mention de Chemillé
1200 (environ)
Statut de paroisse
XIIe siècle
Construction initiale
1580
Chapelle seigneuriale
1784
Reconstruction de la nef
1874
Travaux majeurs
27 novembre 1951
Inscription du chœur
1998
Restauration de la cloche
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Choeur : inscription par arrêté du 27 novembre 1951

Personnages clés

Claude du Chesne - Seigneur de Chemillé Commanditaire de la chapelle seigneuriale en 1580.

Origine et histoire

L'église Saint-Vincent de Chemillé-sur-Indrois, située en Centre-Val de Loire, est un édifice catholique dont les origines remontent au XIIe siècle. Elle est édifiée dans un bourg mentionné pour la première fois à cette époque, bien que le terme de « paroisse » n’apparaisse qu’un siècle plus tard. De cette période subsistent le chœur (inscrit en 1951), son abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four, et le clocher carré désaxé vers le sud. Ces éléments romans, comme les modillons décorant la corniche extérieure de l’abside, témoignent de l’architecture religieuse médiévale locale.

Au XVIe siècle, l’église est enrichie par Claude du Chesne, seigneur de Chemillé, qui ordonne en 1580 la construction d’une chapelle seigneuriale au nord du chœur. Cette chapelle, ornée des armoiries familiales (« D'azur deux fasces d'or »), abrite une statue de saint Claude des XIVe–XVe siècles et deux vitraux du XVIe siècle représentant le fondateur avec son épouse et un ecclésiastique. Ces ajouts reflètent l’influence des familles nobles sur les édifices religieux à la Renaissance.

Les XVIIe et XVIIIe siècles voient des modifications majeures, notamment en 1784 avec la reconstruction et l’agrandissement de la nef vers l’ouest, ainsi que l’ajout d’une chapelle sud. Le style architectural de ces extensions imite celui de la chapelle seigneuriale, assurant une harmonie visuelle. En 1874, d’importants travaux transforment à nouveau l’édifice : la nef est prolongée, une rosace néoromane est ajoutée au-dessus du portail, et le rez-de-chaussée du clocher est aménagé en chapelle. Ces interventions du XIXe siècle illustrent les restaurations fréquentes des églises rurales sous le Second Empire et la Troisième République.

Le mobilier de l’église inclut des pièces remarquables, comme une cloche de 1367 nommée Maria, provenant de la chartreuse du Liget et classée parmi les plus anciennes d’Indre-et-Loire. Le chœur abrite également une chaire en bois sculpté issue de la même chartreuse, ainsi qu’un Christ en croix inscrit aux monuments historiques. Parmi les vitraux, une Mise au tombeau du XIIe siècle, dans le chœur, utilise une technique rare de verre rapporté sans plomb, constituant un témoignage unique en France.

L’édifice, orienté atypiquement du nord-ouest au sud-est, domine le bourg de Chemillé-sur-Indrois, en bordure de la route départementale D760 et près d’un méandre de l’Indrois. Son cimetière attenant, situé au sud-ouest, souligne son rôle central dans la vie communautaire depuis le Moyen Âge. Aujourd’hui, l’église reste un lieu de culte actif et un patrimoine protégé, reflétant près de neuf siècles d’histoire religieuse et architecturale locale.

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