Frise chronologique
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Nef unique et chevet roman conservés.
XVe siècle
Agrandissement bas-côté sud
Agrandissement bas-côté sud
XVe siècle (≈ 1550)
Première extension médiévale.
1760
Fermeture pour ruine
Fermeture pour ruine
1760 (≈ 1760)
Interdite jusqu’en 1761.
1855–1869
Reconstruction néo-gothique
Reconstruction néo-gothique
1855–1869 (≈ 1862)
Dirigée par Gustave Alaux.
1860–1865
Création des vitraux
Création des vitraux
1860–1865 (≈ 1863)
Œuvre de Joseph Villiet.
26 février 2001
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
26 février 2001 (≈ 2001)
Inscription totale de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise en totalité (cad. AP 107) : inscription par arrêté du 26 février 2001
Personnages clés
| Gustave Alaux - Architecte |
Reconstruit l’église au XIXe siècle. |
| Cardinal Ferdinand-François-Auguste Donnet - Commanditaire |
Initiateur de la restauration. |
| Joseph Villiet - Peintre-verrier |
Auteur vitraux et mosaïques. |
| Léon Defosses - Bienfaiteur |
Sauva l’église en 1761. |
| Bernard Jabouin - Sculpteur-décorateur |
Créa retables et maître-autel. |
Origine et histoire
L’église Saint-Vincent de Floirac, située sur la rive droite de la Garonne dans l’agglomération bordelaise, trouve ses origines au XIIe siècle. Son chevet roman, formé de cinq pans séparés par des colonnes engagées, est l’un des rares vestiges de cette période. Les chapiteaux et modillons, partiellement érodés, témoignent d’une iconographie médiévale mêlant motifs géométriques et représentations moralisatrices, comme des scènes de luxure ou des symboles de péchés. L’édifice initial, à nef unique, suivait un plan classique des églises romanes bordelaises, avec un chœur voûté en plein cintre et une abside en hémicycle.
Au XVe siècle, l’église subit un premier agrandissement avec l’ajout d’un bas-côté sud, suivi de remaniements au XVIe siècle et d’un second bas-côté nord au XVIIe. Cependant, l’édifice tomba en ruine au XVIIIe siècle, entraînant son interdiction en 1760 pour dangerosité. Sauvée par l’intervention de Léon Defosses et Simon Durousseau, elle rouvrit dès 1761. Après la Révolution, son état vétuste nécessita une reconstruction quasi totale au XIXe siècle sous l’impulsion du cardinal Donnet et de l’architecte Gustave Alaux, qui lui donna son style néo-gothique actuel, avec une façade occidentale dotée d’un clocher-porche à flèche.
La restauration du XIXe siècle effaça une grande partie des traces médiévales, à l’exception du chevet. Alaux reconstruit la nef et les bas-côtés, ajoutant des voûtes d’ogives prismatiques et un décor peint par Ernest Ricaud et Joseph Villiet, ce dernier réalisant aussi les vitraux et une mosaïque allégorique. L’église abrite des éléments mobiliers remarquables, comme deux statues en albâtre anglaises du XVe siècle (classées Monuments Historiques), un coffret-limousin du XIIIe siècle en émail de Limoges, et un autel baroque du XVIIe siècle offert par le duc d’Épernon. Son orgue, datant de 1865, est aujourd’hui inutilisable.
Les peintures murales, exécutées entre 1866 et 1868, illustrent des scènes mariales en grandeur nature, tandis que les vitraux, majoritairement réalisés par Villiet, représentent des épisodes bibliques. Le mobilier inclut également une chaire du XVIIIe siècle, sauvée et partiellement reconstruite en 2010 par l’association locale A.S.V.P.F. L’église, inscrite aux Monuments Historiques en 2001, reste un témoignage des superpositions stylistiques, du roman au néo-gothique, et de la dévotion locale à travers les siècles.
Autour de l’édifice, quatre croix de chemin (XVe–XVIIe siècles) et un presbytère du XIXe siècle, partiellement détruit par un incendie, complètent ce patrimoine. Les archives paroissiales, perdues dans l’incendie, limitent la connaissance précise de son histoire ancienne, bien que des traces mérovingiennes soient supposées. Aujourd’hui intégrée au secteur pastoral de Bordeaux-Bastide-Floirac, l’église Saint-Vincent continue de jouer un rôle central dans la vie religieuse et culturelle de la commune.