Frise chronologique
1158
Confirmation pontificale
Confirmation pontificale
1158 (≈ 1158)
Bulle du pape Adrien IV pour l'évêque d'Antibes.
1189
Nouvelle confirmation
Nouvelle confirmation
1189 (≈ 1189)
Pape Clément III réaffirme la possession épiscopale.
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Chapelle castrale de style roman provençal.
1605
Visite épiscopale
Visite épiscopale
1605 (≈ 1605)
Église décrite comme « toute neufve » par Mgr Boucicault.
1610
Rénovation et changement d'usage
Rénovation et changement d'usage
1610 (≈ 1610)
Devenue paroissiale après achat du château par Lombard.
9 octobre 1831
Tragédie de la foudre
Tragédie de la foudre
9 octobre 1831 (≈ 1831)
4 morts pendant la messe.
19 mai 1931
Protection patrimoniale
Protection patrimoniale
19 mai 1931 (≈ 1931)
Inscription aux monuments historiques.
30 avril 1946
Effondrement partiel du clocher
Effondrement partiel du clocher
30 avril 1946 (≈ 1946)
Foudre détruit la partie supérieure.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 19 mai 1931
Personnages clés
| Adrien IV - Pape (1154–1159) |
Confirme la possession de l'église en 1158. |
| Raimond Ier - Évêque d'Antibes |
Propriétaire de l'église au XIIe siècle. |
| Clément III - Pape (1187–1191) |
Réaffirme l'appartenance à l'évêque en 1189. |
| Mgr Boucicault - Évêque de Grasse (début XVIIe) |
Documente la rénovation de l'église en 1605. |
| Louis Lombard - Seigneur de Gourdon (début XVIIe) |
Acheteur du château, initiateurs des transformations. |
| Mgr Mesgrigny - Évêque de Grasse |
Consacre l'église après sa rénovation. |
Origine et histoire
L'église Saint-Vincent de Gourdon, située dans les Alpes-Maritimes, est un édifice de style roman provençal construit au XIIe siècle. À l'origine, elle servait de chapelle au château local et était dédiée à Notre-Dame, saint Vincent (patron du village), saint Étienne et sainte Catherine. Elle était desservie par un petit chapitre chargé du service religieux pour le seigneur de Gourdon. Son existence est attestée dès 1158 par une bulle du pape Adrien IV confirmant sa possession par l'évêque d'Antibes, Raimond Ier, puis à nouveau en 1189 par le pape Clément III.
Au début du XVIIe siècle, l'église subit d'importantes transformations. En 1605, l'évêque de Grasse, Mgr Boucicault, la décrit comme « toute neufve » lors de sa visite canonique, suggérant une restauration récente. En 1610, après l'acquisition du château par Louis Lombard, la chapelle castrale est rénovée et devient paroissiale. La porte communiquant avec le château est murée, et une nouvelle entrée, dotée d'un fronton triangulaire, est aménagée. L'église est alors consacrée par Mgr Mesgrigny, évêque de Grasse. Son architecture se caractérise par une nef unique voûtée en plein cintre, divisée en trois travées, et une abside semi-circulaire plus étroite.
L'histoire de l'église est marquée par des événements dramatiques. Le 9 octobre 1831, la foudre frappe l'édifice pendant un office, causant la mort de 4 personnes et blessant 5 autres fidèles. Un siècle plus tard, en 1946, un nouvel impact de foudre détruit partiellement le clocher, dont la chute projette des débris sur les habitations voisines, rendant l'église temporairement inaccessible. Le clocher actuel, de facture moderne, a été ajouté ultérieurement, accompagnant un prolongement de la nef. L'édifice est inscrit aux monuments historiques depuis le 19 mai 1931, reconnaissant ainsi sa valeur patrimoniale.
Les sources historiques mentionnent également des détails architecturaux notables, comme les arcs doubleaux séparant les travées de la nef et la voûte en cul-de-four de l'abside, plus basse que celle de la nef. Ces éléments, typiques du roman provençal, reflètent les adaptations successives de l'édifice au fil des siècles. Les visites épiscopales des XVIIe et XVIIIe siècles, bien que peu documentées, attestent de son entretien régulier et de son rôle central dans la vie religieuse locale.
Aujourd'hui, l'église Saint-Vincent reste un témoignage majeur de l'art roman dans les Alpes-Maritimes. Son histoire, liée à celle du château et de la seigneurie de Gourdon, illustre les évolutions architecturales et sociales de la région, depuis son origine médiévale jusqu'à ses transformations modernes. Son inscription au titre des monuments historiques en 1931 souligne son importance dans le patrimoine religieux et culturel de la Provence-Alpes-Côte d'Azur.