Frise chronologique
XIe siècle
Construction de la nef
Construction de la nef
XIe siècle (≈ 1150)
Nef en petits moellons cubiques.
XIIe siècle (second quart ou milieu)
Construction du clocher roman
Construction du clocher roman
XIIe siècle (second quart ou milieu) (≈ 1250)
Clocher à deux étages de beffroi.
1559 (environ)
Reconstruction du chœur et chapelles
Reconstruction du chœur et chapelles
1559 (environ) (≈ 1559)
Transition gothique flamboyant-Renaissance.
1722
Installation du plafond à caissons
Installation du plafond à caissons
1722 (≈ 1722)
Modification majeure de la nef.
1919
Effondrement du clocher roman
Effondrement du clocher roman
1919 (≈ 1919)
Destruction partielle du chœur.
19 mars 1927
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
19 mars 1927 (≈ 1927)
Reconnaissance patrimoniale officielle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 18 mars 1927
Personnages clés
| Louis Graves - Historien local |
A décrit l'église en 1842. |
| Eugène Woillez - Archiviste et archéologue |
A étudié les nefs pré-romanes. |
| Dominique Vermand - Spécialiste du patrimoine |
A analysé les campagnes de construction. |
| Théodore Morin - Restaurateur de vitraux |
A restauré la verrière en 1800. |
| Pierre Bizet et Jeanne Mongnart - Donateurs (XVIIe siècle) |
Financement de messes obituaires. |
Origine et histoire
L'église Saint-Vincent de Hermes, située dans le département de l'Oise en région Hauts-de-France, est un édifice religieux dont la nef remonte en partie au XIe siècle, comme en témoigne l'appareil en petits moellons cubiques du mur méridional. Ce monument a subi de nombreuses transformations au fil des siècles, notamment l'ajout d'un bas-côté gothique flamboyant au nord de la nef et la reconstruction partielle de ses portails et fenêtres au XIXe siècle. L'église était particulièrement réputée pour son clocher roman à deux étages de beffroi, bâti sur un terrain instable et repris en sous-œuvre au XVIe siècle, mais qui s'est effondré en 1919, entraînant la destruction de la première travée du chœur et de la chapelle latérale nord. Cet événement a profondément marqué l'histoire de l'édifice, conduisant à la construction d'un clocher moderne en 1927.
L'abside et la chapelle latérale sud, construites au deuxième quart du XVIe siècle, illustrent la transition entre le style gothique flamboyant et la Renaissance. Ces parties, épargnées par l'effondrement du clocher, sont caractérisées par des voûtes d'ogives et des décors soignés, reflétant une période de prospérité architecturale. L'église a été inscrite au titre des monuments historiques en 1927, reconnaissant ainsi sa valeur patrimoniale malgré les mutilations subies au cours des siècles. La nef, quant à elle, a perdu une partie de son authenticité avec l'installation d'un plafond à caissons en 1722 et les restaurations ultérieures.
L'histoire de la paroisse de Hermes remonte à l'Antiquité, avec un lieu de culte probablement voué à Mercure. Le bourg, l'un des plus anciens du Beauvaisis, a connu un essor lié à la présence d'un pont sur le Thérain, protégé par une forteresse entre le XIIe et XVe siècles. L'église, dédiée à saint Vincent de Saragosse et saint Germain, était sous l'Ancien Régime rattachée au diocèse de Beauvais. Elle a survécu à des crues répétées du Thérain et à des conflits, comme la guerre de Cent Ans, qui ont laissé des traces dans son architecture.
Le mobilier de l'église comprend plusieurs éléments classés, dont les fonts baptismaux du XVIe siècle, deux chapiteaux ioniques antiques réemployés dans les piles du clocher, et une verrière de la Crucifixion du Christ datant du milieu du XVIe siècle. Ces objets témoignent de la richesse historique et artistique de l'édifice. Malgré les destructions et les reconstructions, l'église Saint-Vincent reste un exemple remarquable de l'évolution architecturale et religieuse dans la région.
L'église est aujourd'hui affiliée à la paroisse Saint-Yves-d'Auteuil du pays de Noailles, qui regroupe vingt-trois communes. Des messes dominicales anticipées y sont célébrées généralement le premier samedi du mois. L'édifice, bien que marqué par les vicissitudes de l'histoire, continue de jouer un rôle central dans la vie religieuse et communautaire locale.