Frise chronologique
IXe siècle
Arrivée des reliques de sainte Opportune
Arrivée des reliques de sainte Opportune
IXe siècle (≈ 950)
Fondation du prieuré Sainte-Opportune pour abriter les reliques.
Fin XIIe - début XIIIe siècle
Début de la construction de l'église
Début de la construction de l'église
Fin XIIe - début XIIIe siècle (≈ 1325)
Premières parties de la nef et du chœur.
1510-1530
Construction du chœur flamboyant
Construction du chœur flamboyant
1510-1530 (≈ 1520)
Travaux financés par les gros décimateurs.
Vers 1560-1570
Voûtement de la nef
Voûtement de la nef
Vers 1560-1570 (≈ 1565)
Influences renaissantes dans les consoles.
1970
Fermeture de l'église
Fermeture de l'église
1970 (≈ 1970)
État de dégradation avancée menant à la fermeture.
13 février 1979
Classement monument historique
Classement monument historique
13 février 1979 (≈ 1979)
Sauvegarde de l'édifice avant restauration.
1981-2010
Restauration complète
Restauration complète
1981-2010 (≈ 1996)
Travaux de 29 ans pour restituer l'état du XVIIIe siècle.
19 septembre 2010
Réouverture au culte
Réouverture au culte
19 septembre 2010 (≈ 2010)
Inauguration lors des Journées du patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Vincent (cad. D 92) : classement par arrêté du 13 février 1979
Personnages clés
| Sainte Opportune - Sainte patronne locale |
Reliques vénérées depuis le IXe siècle. |
| Pierre Le Dart - Peintre du XVIIe siècle |
Auteur des retables de saint Vincent et sainte Opportune. |
| Michel-François Dandré-Bardon - Peintre du XVIIIe siècle |
Auteur du cycle du martyre de saint Vincent. |
| Martin Ganneval - Curé réfractaire sous la Révolution |
Arrêté puis libéré, reste curé jusqu'en 1809. |
| Jean-Claude Rochette - Architecte en chef des Monuments Historiques |
Dirige les premières phases de restauration (1981-1982). |
| Jacques Moulin - Architecte en chef des Monuments Historiques |
Supervise la fin des travaux (2009-2010). |
Origine et histoire
L'église Saint-Vincent de Moussy-le-Neuf, située dans le département de Seine-et-Marne en Île-de-France, est un édifice dont la construction débute à la fin du XIIe siècle, mais qui est presque entièrement reconstruite au XVIe siècle. Elle présente un style gothique flamboyant rustique, avec des influences de la Renaissance visibles dans le voûtement de la nef, réalisé vers 1560-1570. L'édifice, de faible hauteur mais entièrement voûté d'ogives, se distingue par son chevet soigné, doté de fenêtres à remplage élaboré, caractéristique de la fin du XVe et du début du XVIe siècle. Le mobilier des XVIIe et XVIIIe siècles, notamment la chaire à prêcher, les boiseries du chevet et les retables, en fait un monument remarquable.
L'église conserve également des peintures murales médiévales, dont des représentations des Apôtres sur les piliers de la nef, redécouvertes en 2009. Ces œuvres, cachées sous des couches de badigeon et des boiseries, datent de la fin du Moyen Âge. L'édifice abrite aussi les reliques de sainte Opportune, vénérées à Moussy-le-Neuf depuis le IXe siècle, ainsi qu’un cycle complet de tableaux illustrant le martyre de saint Vincent, patron de l’église, peint par Pierre Le Dart et Michel-François Dandré-Bardon.
Fermée au culte en 1970 en raison de son état de dégradation avancée, l'église a failli être démolie avant d'être classée monument historique en 1979. Une restauration exhaustive, s’étalant de 1981 à 2010, a permis de sauver l’édifice et son mobilier, en restituant notamment l’état du XVIIIe siècle. Les travaux, dirigés par plusieurs architectes en chef des monuments historiques, ont inclus des interventions structurelles pour stabiliser les fondations et traiter les problèmes d’humidité. Depuis 2010, l’église est de nouveau ouverte au culte et affiliée à la paroisse Ouest-Goële.
L’histoire de l’église est liée à celle du prieuré Sainte-Opportune, fondé au IXe siècle pour abriter les reliques de sainte Opportune, transférées depuis Sées pour les protéger des invasions vikings. Bien que les deux églises de Moussy-le-Neuf aient coexisté pendant des siècles, l’église Saint-Vincent, paroissiale, est devenue le principal lieu de culte après la Révolution française. La tradition du pèlerinage en l’honneur de sainte Opportune, marquée par des processions et des ex-voto, a été relancée en 2010 et se perpétue tous les deux ans.
Les campagnes de construction de l’église révèlent une évolution architecturale complexe. Les parties les plus anciennes, comme la nef et le versant nord des travées droites du chœur, remontent à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle. Le chœur, de style flamboyant, a été construit entre 1510 et 1530, tandis que la nef a été voûtée plus tardivement, vers 1560-1570, sous des influences renaissantes. Le clocher, probablement du XVIe siècle, et les modifications ultérieures, comme le portail néo-classique et les fenêtres latérales repercées, témoignent des adaptations successives de l’édifice.
L’architecture intérieure de l’église se caractérise par une modénature simple et une élévation sobre, avec des grandes arcades en tiers-point et des voûtes d’ogives aux profils prismatiques. Les boiseries du XVIIIe siècle, les retables et les peintures murales contribuent à l’atmosphère historique de l’édifice. À l’extérieur, la façade occidentale, partiellement médiévale, et le chevet, plus soigné, reflètent les différentes phases de construction. La restauration a permis de préserver cet ensemble, tout en intégrant des éléments modernes comme un système de chauffage adapté et un autel conforme aux réformes liturgiques du concile Vatican II.