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Église Saint-Vincent-de-Paul à Paris

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Eglise de style classique

Église Saint-Vincent-de-Paul à Paris

    Place Franz-Liszt
    75010 Paris

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1804
Création de la paroisse
25 août 1824
Pose de la première pierre
1830
Interruption des travaux
25 octobre 1844
Ouverture au culte
1848-1853
Réalisation de la frise
1861
Retrait des plaques de lave
1869
Agrandissement de la chapelle
1871
Dégâts pendant la Commune
30 novembre 1944
Première protection
26 juin 2011
Restauration des plaques
29 août 2017
Classement définitif
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Saint Vincent de Paul - Fondateur de la Congrégation Vécut et œuvra sur ce site (1632-1793).
Jean-Baptiste Lepère - Architecte initial Auteur des premiers plans en 1824.
Jacques Hittorff - Architecte principal Modifia et acheva l’église (1831-1844).
Hippolyte Flandrin - Peintre de la frise 160 saints dans la nef (1848-1853).
François Rude - Sculpteur du calvaire Œuvre du maître-autel.
Aristide Cavaillé-Coll - Facteur d’orgues Créa le grand orgue en 1852.
Louis Braille - Organiste titulaire Joua ici vers 1845.
William Bouguereau - Peintre décorateur Toiles marouflées (1885-1889).
Boris Vian - Écrivain marié ici Cérémonie en 1941.

Origine et histoire

L'église Saint-Vincent-de-Paul, située place Franz-Liszt dans le 10e arrondissement de Paris, est édifiée sur l’emplacement de l’ancien enclos Saint-Lazare, où saint Vincent de Paul vécut et œuvra de 1632 à 1793 avec la Congrégation de la Mission. Ce lieu, marqué par son héritage religieux et caritatif, fut choisi pour honorer sa mémoire après la création de la paroisse en 1804 par décret impérial. Une première chapelle en bois, construite rue de Montholon en 1804, précéda l’édifice actuel, devenue insuffisante face à l’expansion urbaine du faubourg Poissonnière.

La construction de l’église actuelle débuta en 1824 sous la direction de l’architecte Jean-Baptiste Lepère, avec une première pierre posée en présence du préfet de la Seine et de l’archevêque de Paris. Les travaux, ralentis par des difficultés financières et la Révolution de 1830, furent repris et achevés par son gendre, Jacques Hittorff, entre 1831 et 1844. Hittorff modifia profondément le projet initial, ajoutant un second clocher et intégrant des innovations comme des rampes d’accès pour les calèches, tout en s’inspirant de l’architecture antique (colonnes ioniques, fronton sculpté). L’église, ouverte au culte en 1844, devint un manifeste des techniques décoratives du XIXe siècle : peinture à la cire, fonte ornementale, et lave émaillée.

Le décor intérieur, achevé vers 1854, inclut une frise de 160 saints peinte par Hippolyte Flandrin, un plafond sculpté par Lucien-François Badou, et un calvaire de François Rude. L’édifice subit des dommages pendant la Commune de Paris (1871), avec des impacts d’obus sur ses clochetons et son perron. Classée monument historique en 1944 puis en 2017, l’église abrite également deux orgues remarquables, dont un grand orgue d’Aristide Cavaillé-Coll (1852), restauré et augmenté en 1970. Son square adjacent, nommé en hommage à Cavaillé-Coll, et sa façade ornée de plaques de lave émaillée restaurées en 2011, en font un site patrimonial majeur.

L’église est aussi liée à des événements culturels et historiques, comme le mariage de Boris Vian en 1941 ou son apparition dans des films tels que Zazie dans le métro (1960) et Hibernatus (1969). Son architecture, mêlant néoclassicisme et innovations techniques, en fait un symbole du renouveau religieux et urbain du Paris du XIXe siècle, tout en célébrant l’héritage de saint Vincent de Paul, apôtre des pauvres et fondateur des Filles de la Charité.

Les orgues de l’église, notamment le grand orgue de Cavaillé-Coll, ont été joués par des titulaires illustres comme Louis Braille (inventeur de l’écriture pour aveugles) et Léon Boëllmann. L’édifice, avec son square et ses rampes, forme un ensemble architectural cohérent, classé en totalité en 2017. Les plaques de lave émaillée de la façade, initialement retirées en 1861 pour cause de scandale (nudité des personnages), ont été restaurées et réinstallées en 2011, rétablissant la vision originale d’Hittorff.

Enfin, l’église apparaît dans plusieurs œuvres littéraires et cinématographiques, comme Les Thibault de Roger Martin du Gard (prix Nobel 1937), où le square adjacent sert de cadre à une scène romantique. Son rôle dans la vie parisienne, à la fois lieu de culte, de mémoire historique et de tournage, en fait un monument emblématique du 10e arrondissement, à la croisée de l’histoire religieuse, sociale et artistique de la capitale.

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