Origine et histoire de l'Église Saint-Vincent-de-Paul
L'église Saint-Vincent-de-Paul de Blois, initialement nommée chapelle Saint-Louis, fut édifiée au XVIIe siècle pour le collège jésuite de la ville. Sa construction, débutée en 1634 sous la direction d’Étienne Martellange, s’acheva en 1678 grâce au financement de Gaston d'Orléans. Ce prince exilé à Blois en fit un monument à sa gloire et à celle de sa famille, avec un intérieur richement décoré par Gaspard Imbert. Les travaux, interrompus à plusieurs reprises, furent marqués par des transformations architecturales, notamment par Charles Turmel, qui modifia la façade et la nef.
En 1773, l’expulsion des jésuites de France entraîna la désaffectation du collège et de sa chapelle. Pendant la Révolution, l’édifice devint un Temple de la Liberté, puis un magasin à fourrage après avoir subi des destructions symboliques en 1793. Il ne retrouva sa vocation religieuse qu’en 1826, sous le vocable de Saint-Vincent-de-Paul, avant d’être restauré au XIXe siècle par Jules de La Morandière. Classée monument historique en 1917, l’église conserve des éléments remarquables comme les cénotaphes de Gaston d’Orléans et de sa fille, Anne-Marie de Montpensier.
L’architecture de l’église reflète les traditions jésuites, avec une nef à trois travées, un chœur à abside pentagonale, et une façade à trois niveaux rythmée par des pilastres et des frontons. À l’intérieur, la décoration sobre, d’ordre dorique, contraste avec le chœur richement ornés de marbres et de sculptures. La voûte en lambris et le dôme, ajoutés en 1655, ainsi que les vitraux du XIXe siècle (dont un seul subsiste), témoignent des évolutions stylistiques du monument. L’édifice abrite aussi une statue de l’Immaculée Conception, ajoutée en 1880 en remplacement d’un retable disparu.
Le collège jésuite, dont l’église était la chapelle, fut désaffecté en 1760, et ses bâtiments, partiellement détruits au XXe siècle, laissèrent place à des bureaux. Seule une partie du corps sud subsiste aujourd’hui. L’église, propriété de la commune de Blois, reste un témoignage majeur de l’influence jésuite en France et de l’histoire religieuse locale, marquée par les bouleversements révolutionnaires et les restaurations ultérieures.