Frise chronologique
864
Première mention de Ria
Première mention de Ria
864 (≈ 864)
Villa *Arrianum* citée dans un texte.
953
Paroisse dépendante de Cuxa
Paroisse dépendante de Cuxa
953 (≈ 953)
Ria parmi les quinze paroisses de l'abbaye.
1134
Première mention de l'église
Première mention de l'église
1134 (≈ 1134)
Cédée à l'abbaye Saint-Michel de Cuxa.
XIIe siècle
Construction du rouleau intérieur
Construction du rouleau intérieur
XIIe siècle (≈ 1250)
Portail en marbre rose daté.
1628
Rénovation du portail
Rénovation du portail
1628 (≈ 1628)
Date gravée sur le rouleau extérieur.
1964
Classement monument historique
Classement monument historique
1964 (≈ 1964)
Clocher et portail inscrits.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Clocher et vantaux de la portée d'entrée (cad. C 289) : inscription par arrêté du 11 septembre 1964
Personnages clés
| Vincent de Collioure - Saint local et martyr |
Dédicataire probable de l'église, IVe siècle. |
| Évêque d'Elne - Donateur de l'église en 1134 |
Cède l'édifice à l'abbaye de Cuxa. |
| Noël Bailbé - Historien et auteur |
A étudié les clochers du Roussillon. |
Origine et histoire
L'église Saint-Vincent de Ria, mentionnée dès 1134 sous le nom Sancti Vincentii de Arriano, fut initialement construite au XIe siècle dans un style roman. Elle dépendait alors de l'abbaye Saint-Michel de Cuxa, après avoir été cédée par l'évêque d'Elne. Le clocher, seul vestige de cette époque, arbore des arcatures lombardes et une structure trapézoïdale caractéristique. L'édifice original, à trois nefs, fut presque entièrement détruit pour laisser place à une reconstruction au XVIIe siècle, modifiée à nouveau au XVIIIe.
Le portail occidental, protégé avec le clocher depuis 1964, se distingue par ses deux rouleaux en marbre rose : le rouleau intérieur date du XIIe siècle, tandis que l'extérieur, gravé de la date 1628, témoigne des transformations baroques. Le clocher, haut de 22 mètres, conserve partiellement sa flèche couverte en lauzes, une rareté dans la région où la plupart des clochers furent crénelés entre les XIVe et XVIIe siècles. Son décor d'arcatures divise la tour en deux étages, percés d'archères puis de baies en plein cintre.
L'église actuelle, en forme de croix latine irrégulière, intègre une nef voûtée soutenue par des piliers cruciformes et des collatéraux asymétriques (sud cintré, nord plat). Le chevet, accessible par un arc triomphal, abrite des voûtes refaites, à l'exception de celle sous le clocher, d'origine romane. Le village de Ria, situé à 400 m d'altitude sur la rive gauche de la Têt, formait avec Sirach une communauté liée à l'agriculture et au commerce transpyrénéen, comme en attestent les reliques de saint Vincent de Collioure, martyr vénéré localement.
L'édifice est dédié à saint Vincent, probablement Vincent de Collioure, martyr du IVe siècle dont les reliques reposent à Collioure. Cette dédicace reflète l'importance cultuelle des saints locaux dans le Roussillon, souvent associés à la viticulture (saint Vincent de Saragosse, patron des vignerons). Les transformations des XVIIe et XVIIIe siècles répondirent aux besoins d'une paroisse en expansion, tout en préservant des éléments romans emblématiques.
Les sources historiques, comme les actes de 864 et 953, confirment l'ancienneté du site, mais l'église n'apparaît clairement qu'en 1134. Les fouilles et études ultérieures (notamment celles de Noël Bailbé sur les clochers roussillonnais) soulignent son rôle dans l'architecture religieuse catalane, entre héritage roman et adaptations baroques. Aujourd'hui, l'église reste un témoignage des échanges culturels et artistiques en Conflent, entre France et Catalogne.