Frise chronologique
1073-1103
Don initial à l'abbesse Richilde
Don initial à l'abbesse Richilde
1073-1103 (≈ 1088)
Geoffroy Fulcrade l’ancien cède l’église au Ronceray.
1123 et 1158
Bulles papales de rattachement
Bulles papales de rattachement
1123 et 1158 (≈ 1158)
Calixte II et Adrien IV confirment la propriété.
Vers 1170
Conflit entre abbayes
Conflit entre abbayes
Vers 1170 (≈ 1170)
Alexandre III tranche en faveur du Ronceray.
XIVe siècle (1er tiers)
Voûte de la croisée du transept
Voûte de la croisée du transept
XIVe siècle (1er tiers) (≈ 1450)
Datée par les écussons de Louis II ou III d’Anjou.
1699
Renforcement de l’arc triomphal
Renforcement de l’arc triomphal
1699 (≈ 1699)
Date gravée sur l’arc sud du transept.
10 décembre 1711
Effondrement de la flèche
Effondrement de la flèche
10 décembre 1711 (≈ 1711)
Destruction partielle de la charpente et des cloches.
1861 et 1868
Restauration par Ernest Piette
Restauration par Ernest Piette
1861 et 1868 (≈ 1868)
Devis et comptes de réparation au XIXe siècle.
1er décembre 1969
Classement monument historique
Classement monument historique
1er décembre 1969 (≈ 1969)
Inscription officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. AC 190) : inscription par arrêté du 1er décembre 1969
Personnages clés
| Geoffroy Fulcrade l’ancien - Seigneur de Vernoil |
Donateur initial de l’église (1073-1103). |
| Richilde - Abbesse du Ronceray d’Angers |
Bénéficiaire du don de l’église. |
| Geoffroy Fulcrade le jeune - Fils du seigneur, croisé |
Confirme la donation avant 1103. |
| Calixte II - Pape (1119-1124) |
Énumère l’église dans les biens de Mauléon (1123). |
| Adrien IV - Pape (1154-1159) |
Confirme le rattachement à Mauléon (1158). |
| Alexandre III - Pape (1159-1181) |
Tranche en faveur du Ronceray vers 1170. |
| Louis II d’Anjou ou Louis III - Ducs d’Anjou |
Écussons datant la voûte du XIVe siècle. |
| Ernest Piette - Architecte saumurois |
Dirige les restaurations du XIXe siècle. |
Origine et histoire
L’église Saint-Vincent de Vernoil-le-Fourrier trouve ses origines au XIe siècle, lorsque Geoffroy Fulcrade l’ancien, seigneur local, en fait don à l’abbesse Richilde du Ronceray d’Angers entre 1073 et 1103. Ce geste, confirmé par son fils Geoffroy Fulcrade le jeune avant son départ en croisade, marque le début de son histoire religieuse. Les bulles papales de Calixte II (1123) et Adrien IV (1158) attestent son rattachement à l’abbaye de Mauléon, bien que les moniales du Ronceray en revendiquent la propriété vers 1170 via une intervention du pape Alexandre III. La destruction du chartrier de Mauléon empêche de dater précisément sa construction, mais des éléments comme les écussons des clés de doubleaux suggèrent une voûte du XIVe siècle.
L’analyse architecturale révèle une nef du XIe siècle, partiellement conservée (murs sud et ouest), avec des chapiteaux typiques des premières ogives angevines (1160-1170). Le bras sud du transept, datant de la première moitié du XIIe siècle, est renforcé dans la seconde moitié par des contreforts pour supporter des voûtes. Un clocher, élevé à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle, s’effondre durant la guerre de Cent Ans, nécessitant une reconstruction au XVe siècle, probablement financée par le duc d’Anjou. Les travaux incluent alors la voûte de la croisée, le mur nord, le lambris de la nef, et le croisillon nord.
Les vicissitudes se poursuivent avec l’effondrement de la flèche en 1711, détruisant une partie de la charpente, du lambris, et trois cloches. L’arc sud du transept est consolidé en 1699, tandis que des restaurations majeures interviennent au XIXe siècle, comme en témoignent les devis de 1861 et les comptes de 1868 de l’architecte Ernest Piette. L’église, classée monument historique en 1969, illustre ainsi une histoire mouvementée, entre dons seigneuriaux, conflits religieux, et reconstructions successives.
La propriété de l’église oscille entre les abbayes du Ronceray et de Mauléon jusqu’au XVIIIe siècle, reflétant les tensions ecclésiastiques médiévales. Les éléments subsistants, comme le mur sud ou le bras sud du transept, offrent un témoignage rare de l’architecture romane angevine, tandis que les ajouts gothiques et les réparations ultérieures soulignent son adaptation aux aléas historiques. Aujourd’hui, elle reste un patrimoine communal ouvert au public, symbole de la résilience architecturale et spirituelle de la région.