Frise chronologique
1274
Extension de l’église
Extension de l’église
1274 (≈ 1274)
Début des travaux en pierre à l’ouest.
1298
Échange avec le prieuré du Paravis
Échange avec le prieuré du Paravis
1298 (≈ 1298)
Fin des travaux templiers après cession.
Début XIIIe siècle
Installation des Templiers
Installation des Templiers
Début XIIIe siècle (≈ 1304)
Construction initiale par les Templiers d’Argentens.
1609
Transfert paroissial
Transfert paroissial
1609 (≈ 1609)
L’église devient Saint-Vincent, remplaçant l’ancienne paroisse.
1882
Désaffectation
Désaffectation
1882 (≈ 1882)
Fermeture au culte avant restauration.
1908
Classement monument historique
Classement monument historique
1908 (≈ 1908)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise du Temple (ancienne) : classement par arrêté du 26 septembre 1908
Personnages clés
| Roncelin de Fos - Maître de la province templière de Provence |
Rattache l’église Sainte-Quitterie au Temple en 1274. |
| Arnault Dauron - Commandeur d’Argentens |
Approuve le rattachement en 1274. |
| Arnaud IV de Rovinha - Évêque d’Agen |
Cède trois quarts de la dîme au Paravis en 1216. |
| Hugues de Roquefort - Prieur de Notre-Dame |
Opposant aux Templiers en 1271 pour un cimetière. |
| Georges Tholin - Historien et architecte |
Analyse les heaumes de la clef de voûte (XIXe siècle). |
Origine et histoire
L’église Saint-Vincent-du-Temple de Port-Sainte-Marie, située dans le département de Lot-et-Garonne, fut construite par les Templiers de la commanderie d’Argentens au XIIIe siècle. La partie orientale, la plus ancienne, est édifiée en brique et comprend trois travées terminées par un chevet plat. Une extension vers l’ouest, postérieure à 1274, adopte un style plus complexe en pierre, avec des collatéraux voûtés d’ogives. Les travaux furent interrompus en 1298 après un échange de biens avec le prieuré fontevriste du Paravis, marquant la fin de l’influence templière sur le site.
L’église fut initialement dédiée à saint Antoine avant d’être placée sous le vocable de saint Vincent en 1609, lors du transfert du service paroissial depuis l’ancienne église Saint-Vincent, alors en ruines. Au XVIIIe siècle, un portail occidental fut ajouté, et des modifications eurent lieu au XIXe siècle, notamment la destruction d’un bâtiment sud pour la construction d’une voie ferrée. Désaffectée en 1882, elle fut restaurée en 1938, révélant des éléments architecturaux remarquables comme des clefs de voûte sculptées (un Agneau mystique et un chevalier en armes).
Les conflits entre les Templiers et les institutions locales, comme le prieuré du Paravis ou la paroisse Notre-Dame, marquèrent son histoire. En 1271 et 1293, des litiges concernant des droits fonciers et des cimetières opposèrent les parties, aboutissant à des arbitrages et à l’échange définitif des biens en 1298. Après le départ des Templiers, l’église tomba en désuétude avant d’être partiellement restaurée aux XVIIe et XXe siècles. Classée monument historique en 1908, elle témoigne aujourd’hui de l’héritage architectural et religieux médiéval en Agenais.
La structure de l’église se distingue par son plan atypique pour l’ordre du Temple, combinant une nef carrée à l’ouest et un chœur rectangulaire à l’est. Le clocher, intégré au collatéral nord, présente deux étages et une arcade murée formant un pronaos. Les fenêtres, partiellement modifiées, conservent des traces de leur disposition originale en forme de « T ». Les matériaux utilisés (brique pour la partie est, pierre pour l’ouest) et les décors sculptés (comme la clef de voûte du chevalier) reflètent les influences stylistiques du XIIIe siècle et les ambitions initiales des bâtisseurs templiers.
L’abandon progressif de l’église après 1298 et les destructions liées à la guerre de Cent Ans aggravèrent son état. Au XVIe siècle, elle servait même d’étable, et son cimetière était envahi par le bétail. Malgré des tentatives de restauration ordonnées par l’évêque d’Agen en 1551, l’édifice resta à l’abandon jusqu’à sa réaffectation paroissiale en 1609. Les Pénitents Blancs en prirent possession après la Révolution, avant sa désaffectation définitive en 1882. Les restaurations du XXe siècle permirent de préserver ses caractéristiques médiévales, faisant d’elle un témoignage rare de l’architecture templière en Aquitaine.