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Église Saint-Vulfran d'Abbeville dans la Somme

Patrimoine classé Patrimoine religieux Architecture gothique flamboyant

Église Saint-Vulfran d'Abbeville

  • Parvis Saint-Vulfran
  • 80132 Abbeville
80100 Abbeville, Parvis Saint-Vulfran

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIIe siècle
Fondation du chapitre
1488–1539
Construction de la nef
1520
Direction des travaux
1661–1663
Achèvement du chœur
1840
Classement monument historique
20 mai 1940
Bombardement allemand
1998
Réouverture au culte
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Saint Vulfran (Wulfram) - Saint patron et reliquaire Donne son nom à l’église au XIIe siècle.
Jean Crétel - Maître maçon Dirige la construction à partir de 1520.
Pierre Lheureux - Sculpteur Renaissance Auteur des statues du portail sud (1501).
Eugène Viollet-le-Duc - Architecte restaurateur Intervient au XIXe siècle pour sauver l’édifice.
Frères Duthoit - Sculpteurs du maître-autel Œuvre détruite en 1940.

Origine et histoire de l'Église Saint-Vulfran

La collégiale Saint-Vulfran d'Abbeville, située dans le département de la Somme en région Hauts-de-France, est un joyau de l’art gothique flamboyant en Picardie maritime. À l’origine, une église paroissiale dédiée à Notre-Dame occupait l’emplacement avant qu’au XIIe siècle, le comte du Ponthieu n’y fonde un chapitre de chanoines et n’y transfère les reliques de saint Vulfran (ou Wulfram), donnant son nom actuel à l’édifice. Sa construction débuta en 1488 dans une vallée marécageuse près d’un bras de la Somme, avec une orientation atypique (façade au nord).

La nef, érigée entre 1488 et 1539, fut financée par le roi de France, le comte du Ponthieu et la ville d’Abbeville, reflétant l’ambition du chapitre de posséder « la plus belle église du Ponthieu ». Les pierres proviennent des carrières de Beaumetz et Pont-Rémy, sous la direction du maître maçon Jean Crétel à partir de 1520. Les travaux s’interrompirent en 1539 faute de fonds, laissant un mur provisoire fermer la nef. Les guerres de religion et les invasions espagnoles retardèrent l’achèvement du chœur, finalement construit entre 1661 et 1663 dans un style plus sobre, sous Louis XIV.

Classée monument historique dès 1840, l’église subit des dégradations majeures : transformée en temple de la Raison pendant la Révolution, elle fut sauvée in extremis par les restaurations d’Eugène Viollet-le-Duc au XIXe siècle. Le 20 mai 1940, un bombardement allemand pendant la Bataille de France détruisit une grande partie de l’édifice, ne laissant debout que les tours, la façade et le début de la nef. Restaurée tout au long du XXe siècle, elle fut rendue au culte en 1998.

L’architecture de Saint-Vulfran allie exubérance flamboyante et sobriété classique. La nef, étroite (9,10 m) mais haute (31,7 m), est ornée de voûtes à liernes et tiercerons, tandis que les portails sculptés célèbrent saints et corporations locales (tonneliers, merciers). Les tours jumelles culminent à 55,80 m. Le chœur, reconstruit au XVIIe siècle, abritait des boiseries et un maître-autel des frères Duthoit, aujourd’hui partiellement perdus. Parmi les trésors conservés figurent un buste-reliquaire de saint Vulfran (XVIIe siècle) et un Christ en croix du XVe siècle.

Les vitraux, comme ceux de William Einstein, et les statues Renaissance (notamment celles de Pierre Lheureux pour la corporation des merciers) témoignent du mécénat des confréries locales. La chaire en bois du XVIIe siècle, restaurée en 2002, et le lutrin en forme d’aigle (XVIIIe siècle) complètent un mobilier riche malgré les destructions. L’orgue actuel, installé en 1961, remplace celui détruit en 1940.

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