Frise chronologique
1607-1621
Construction du clocher
Construction du clocher
1607-1621 (≈ 1614)
Clocher en brique et pierre, flèche bulbeuse ajoutée.
1749-1750
Expertises pré-construction
Expertises pré-construction
1749-1750 (≈ 1750)
Évaluation de l’ancienne église, décision de reconstruction.
27 mai 1751
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
27 mai 1751 (≈ 1751)
Début des travaux sous Contant d’Ivry.
21 décembre 1755
Bénédiction de l’église
Bénédiction de l’église
21 décembre 1755 (≈ 1755)
Achèvement des travaux principaux.
1978
Classement monument historique
Classement monument historique
1978 (≈ 1978)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures, ainsi que l'ensemble du décor de la salle de la corporation des bateliers (premier étage) (cad. AR 377) : inscription par arrêté du 2 octobre 2007
Personnages clés
| Emmanuel de Croÿ-Solre - Maréchal et seigneur de Condé |
Commanditaire de l’église, négociateur des financements. |
| Pierre Contant d'Ivry - Architecte parisien |
Concepteur des plans définitifs. |
| Frère Louis de Saint-Joseph - Architecte carme |
Auteur des premiers plans économes. |
| Antoine Gilis - Sculpteur valenciennois |
Réalisa les chapiteaux et décors. |
| Josquin des Prés - Musicien et prévôt |
Inspira les stalles du chœur. |
Origine et histoire
L’église Saint-Wasnon, située place Verte à Condé-sur-l'Escaut (département du Nord), fut construite entre 1751 et 1756 à l’initiative du maréchal Emmanuel de Croÿ-Solre, seigneur local. L’architecte parisien Pierre Contant d’Ivry conçut les plans, s’inspirant partiellement de la chapelle de Versailles, tout en intégrant un clocher préexistant érigé entre 1607 et 1621. Ce dernier, haut de 44 mètres, combine brique, pierre et grès, avec une flèche bulbeuse caractéristique.
La façade classique de l’église, en pierre blanche, présente deux étages sur un soubassement de grès, ornée de colonnes cannelées en pierre de Bavay et de bas-reliefs datés de 1856. À l’intérieur, douze colonnes ioniques en pierre bleue de Marbaix structurent la nef, tandis que le chœur abrite des stalles sculptées en hommage au musicien Josquin des Prés, prévôt de la collégiale voisine. Le tableau de l’Assomption de la Vierge, peint par Charles-Gustave Housez, et une chaire de vérité représentant la parabole du semeur complètent le mobilier remarquable.
Classée monument historique en décembre 1978, l’église remplace un édifice paroissial médiéval jugé vétuste lors d’expertises menées en 1749-1750. Le financement, initialement estimé à 53 200 livres, fut en partie couvert par la ville via des taxes locales et des emprunts négociés par le prince de Croÿ. La construction, rapide, s’acheva en 1755, bien que des modifications ultérieures (peintures polychromes, verrières au XIXe siècle) aient altéré son aspect originel.
Le clocher, conservé de l’ancienne église, fut relié à la nouvelle nef par une sacristie, formant un ensemble architectural hybride. Les matériaux locaux – grès, brique, pierres calcaires d’Avesnes-le-Sec et de Marbaix – reflètent les ressources régionales. Les plans initiaux, proposés par le frère Louis de Saint-Joseph, furent revus par Contant d’Ivry, qui privilégia un parti classique superposant les ordres dorique et ionique, selon les préférences du commanditaire.
Au XIXe et XXe siècles, des restaurations furent menées par des architectes comme Deleau, Grimault, ou Dutouquet, préservant la structure malgré des ajouts comme la polychromie intérieure. L’église, propriété communale, reste un témoignage de l’architecture religieuse des Lumières, mêlant influences versaillaises et traditions locales. Son mobilier et ses décors célèbrent à la fois le patrimoine artistique et l’histoire musicale de Condé-sur-l’Escaut.