Origine et histoire de l'Église Sainte-Agnès
L'église Sainte-Agnès de Tréfumel, située dans les Côtes-d'Armor en Bretagne, est un édifice religieux dont les origines remontent au XIe siècle. Elle représente un exemple typique des premières églises romanes de Haute-Bretagne, avec une nef et un chœur de plan rectangulaire séparés par un arc diaphragme. Son architecture, marquée par l'absence de contreforts et un clocher de charpente, a été préservée malgré plusieurs remaniements entre le XIVe et le XIXe siècle. L'édifice a été inscrit aux monuments historiques en 1964.
La nef, datant des XIe et XIIe siècles, conserve son volume initial, tandis que des modifications majeures ont été apportées au XIVe siècle, comme l'ajout d'une baie à deux lancettes et d'une chapelle seigneuriale. Au XVIIe siècle, la sacristie a été reconstruite, et des travaux de restauration au XIXe siècle ont introduit de nouvelles fenêtres. L'église est construite en petit appareil de granite et calcaire, avec des proportions intérieures respectant le nombre d'or.
Le porche sud, remanié au XVe siècle, abrite une porte romane couverte d'un auvent du XVIIe siècle. À l'intérieur, la charpente lambrissée de la nef et le plafond peint en ciel étoilé du chœur témoignent des évolutions architecturales. Le mobilier, incluant des retables du XVIIe siècle et des statues polychromes, complète cet ensemble historique cohérent.
L'enclos paroissial, réduit au XXe siècle, conservait autrefois une croix de cimetière médiévale. Les matériaux utilisés, granite et calcaire des faluns, reflètent les ressources locales. L'église, propriété de la commune, reste un témoignage précieux de l'histoire religieuse et architecturale bretonne.
Les familles seigneuriales, comme les Coëtquen et les Beaumanoir, ont marqué l'histoire du lieu, notamment par la chapelle seigneuriale du XIVe siècle. Les dalles funéraires et les armes alliées de ces familles, visibles dans l'édifice, rappellent leur influence passée.
Enfin, l'église Sainte-Agnès, avec son plan allongé et son clocher de charpente, s'inscrit dans une tradition architecturale partagée avec d'autres églises bretonnes, comme celles de Saint-André-des-Eaux ou de Saint-Maden. Son inscription aux monuments historiques en 1964 souligne son importance patrimoniale.