Frise chronologique
Vers 1074
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
Vers 1074 (≈ 1074)
Raoul IV installe des moines à Gassicourt.
1075
Donation à Cluny
Donation à Cluny
1075 (≈ 1075)
Simon, comte de Mantes, donne le prieuré.
Début XIIe siècle
Construction de l'église romane
Construction de l'église romane
Début XIIe siècle (≈ 1204)
Nef et structure romane édifiées.
3e quart XIIIe siècle
Reconstruction gothique
Reconstruction gothique
3e quart XIIIe siècle (≈ 1362)
Transept et chœur refaits.
1738
Dissolution du prieuré
Dissolution du prieuré
1738 (≈ 1738)
Vente à François-Olivier de Senozan.
1862
Classement monument historique
Classement monument historique
1862 (≈ 1862)
Protection de l'édifice et de son mobilier.
1944
Bombardements et restauration
Bombardements et restauration
1944 (≈ 1944)
Dégâts de guerre et travaux jusqu'en 1963.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Sainte-Anne-de-Gassicourt : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Raoul IV - Comte de Vexin |
Fonda le prieuré en 1074. |
| Simon de Mantes - Comte de Mantes |
Donna le prieuré à Cluny en 1075. |
| Saint Louis - Roi de France |
Règne durant la reconstruction gothique. |
| Jacques-Bénigne Bossuet - Évêque et écrivain |
Prieur-doyen commendataire en 1660. |
| Alphonse Durand - Architecte en chef |
Dirigea la restauration de 1855 à 1876. |
Origine et histoire
L'église Sainte-Anne de Gassicourt, située à Mantes-la-Jolie, est un édifice religieux d'origine romane, fondé au XIe siècle. En 1074, Raoul IV, comte de Vexin, installe des moines près de l'église primitive, qui est ensuite donnée à l'ordre de Cluny en 1075 par son fils Simon, comte de Mantes. Le prieuré bénédictin dédié à saint Sulpice voit alors le jour, et les moines entreprennent la construction d'une nouvelle église au début du XIIe siècle, dans un style roman normand austère.
Au XIIIe siècle, sous le règne de saint Louis, les croisillons du transept et le chœur sont reconstruits dans le style gothique rayonnant. Les fenêtres sont agrandies et dotées de délicats réseaux, tandis que les voûtes sont refaites. Les vitraux, en grande partie conservés, et les trente-deux stalles gothiques flamboyantes de la fin du XVe siècle comptent parmi les richesses de l'édifice. Le prieuré est dissous en 1738, bien avant la Révolution française.
L'église a subi plusieurs restaurations majeures, notamment entre 1855 et 1876 sous la direction d'Alphonse Durand, puis après les bombardements de 1944. Ces travaux ont permis de conserver son authenticité tout en adaptant certaines parties, comme la suppression des voûtes de la nef pour retrouver son état primitif. Classée monument historique en 1862, elle reste un lieu de culte actif et un témoignage architectural des époques romane et gothique.
La façade occidentale, bien que partiellement reconstruite, conserve des éléments romans comme l'archivolte du portail et l'oculus, connu sous le nom de 'roue de la fortune'. À l'intérieur, la nef, de cinq travées, est marquée par des colonnes aux chapiteaux archaïques, tandis que le chœur et le transept, voûtés d'ogives, illustrent l'évolution vers le gothique. Les vitraux du XIIIe siècle, représentant des scènes évangéliques et hagiographiques, ainsi que les stalles finement sculptées, font de cette église un joyau du patrimoine religieux.
Les peintures murales du XVIe siècle, découvertes dans le croisillon sud, et les éléments mobiliers classés, comme les fonts baptismaux du XIIIe siècle ou le gisant d'un prélat du XIIe siècle, enrichissent encore son histoire. L'église, aujourd'hui dégagée des constructions environnantes, se dresse comme un symbole de la vie spirituelle et historique de Mantes-la-Jolie.