Frise chronologique
Ve siècle
Fondation du monastère
Fondation du monastère
Ve siècle (≈ 550)
Saint Conogan transforme son domaine en monastère.
1050
Première mention écrite
Première mention écrite
1050 (≈ 1050)
Cartulaire de Landévennec évoque « Buzitt ».
1239-1241
Création de la seigneurie
Création de la seigneurie
1239-1241 (≈ 1240)
Hervé de Léon confirme la seigneurie de la Palue.
1591
Construction de l'église actuelle
Construction de l'église actuelle
1591 (≈ 1591)
Inauguration par Hervé de Parcevaux et Renée de Coëtlogon.
1791
Suppression de la paroisse
Suppression de la paroisse
1791 (≈ 1791)
Scission lors de la Constitution civile du clergé.
1925
Classement du clocher
Classement du clocher
1925 (≈ 1925)
Inscription aux Monuments Historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Clocher (cad. AS 107) : inscription par arrêté du 4 décembre 1925
Personnages clés
| Saint Conogan - Fondateur du monastère |
Seigneur local devenu religieux au Ve siècle. |
| Hervé de Parcevaux - Seigneur de la Grande Palue |
Commanditaire de l'église en 1591. |
| Renée de Coëtlogon - Épouse d'Hervé de Parcevaux |
Co-donatrice de l'église renaissante. |
| Guyomarch de Léon - Premier seigneur de la Palue |
Reçoit la seigneurie au XIIIe siècle. |
| Troïlus de Mondragon - Capitaine et gendre des La Palue |
Propriétaire au XVIe siècle, gisant conservé. |
| Jean-Baptiste Ogée - Géographe du XVIIIe siècle |
Décrit la paroisse avant sa suppression. |
Origine et histoire
L'église Sainte-Beuzit de Landerneau, située dans l'ancienne trève de Beuzit-Saint-Conogan, trouve ses origines dans un monastère fondé au Ve siècle par saint Conogan, seigneur local devenu religieux. Ce site, lié à l'évêché de Léon, était un lieu de pèlerinage important, attirant les fidèles chaque troisième dimanche de mai. La tradition hagiographique rapporte que Conogan, après avoir transformé son domaine en monastère, en fit don à l'abbaye de Landévennec avant 532.
Au Moyen Âge, Beuzit-Saint-Conogan devint une trève dépendant de Guipavas, puis une seigneurie laïque au XIIIe siècle lorsque Guyomarch de Léon en reçut le bénéfice. L'église actuelle, de style renaissant léonard, fut inaugurée en 1591 à l'initiative d'Hervé de Parcevaux et de son épouse Renée de Coëtlogon, célébrant leur mariage. Ce clocher à double galerie, caractéristique de l'art breton, est aujourd'hui le seul élément subsistant, classé Monument Historique en 1925.
La paroisse, supprimée en 1791 lors de la Révolution, était réputée pour sa troménie annuelle dédiée à saint Conogan, une procession solennelle source de revenus grâce aux offrandes des pèlerins. Les reliques du saint, incluant un bras et une partie de son crâne, étaient vénérées pour leurs vertus miraculeuses, notamment contre les maladies. L'église, désaffectée, fut progressivement abandonnée, ne laissant que des ruines entourées d'un cimetière aujourd'hui disparu.
Le site était également lié à des familles nobles locales, comme les Guyomarch, seigneurs de la Palue, dont les armes figurent sur le portail de l'église. Leur manoir, aujourd'hui en partie détruit, témoignait de leur influence dans la région. La Grande et la Petite Palue, deux seigneuries voisines, furent réunies par alliances matrimoniales avant d'être séparées au XVIe siècle. Ces familles jouèrent un rôle clé dans l'histoire économique et religieuse de la paroisse.
Au XVIIe siècle, l'église fut dotée d'un mobilier liturgique riche, incluant une chaire de 1681, des bannières brodées et des reliques exposées lors des processions. La Contre-Réforme et les missions du père Maunoir renforcèrent la dévotion locale, tandis que l'activité toilière du lin, florissante jusqu'au XVIIIe siècle, contribua à la prospérité de Beuzit. La Révolution mit fin à cette époque, dispersant les biens ecclésiastiques et supprimant la paroisse.
Aujourd'hui, le clocher de l'église Sainte-Beuzit, entouré d'un environnement urbanisé, reste le dernier témoignage de ce passé religieux et seigneurial. Les fouilles archéologiques n'ont révélé aucune trace du cimetière ou des bâtiments monastiques d'origine, mais des fontaines associées à saint Conogan subsistent à proximité, rappelant l'ancienne vocation spirituelle du lieu.