Frise chronologique
1347
Bataille et destructions
Bataille et destructions
1347 (≈ 1347)
Édifice endommagé, reconstruction partielle.
1376
Construction chapelle Kersaliou
Construction chapelle Kersaliou
1376 (≈ 1376)
Chapelle sud financée par Rolland de Kersaliou.
1389
Bulle pontificale
Bulle pontificale
1389 (≈ 1389)
Réparations nécessaires signalées.
1394
Fortification par Clisson
Fortification par Clisson
1394 (≈ 1394)
Ajout d’éléments défensifs post-destruction du château.
fin XIIIe siècle
Début de la construction
Début de la construction
fin XIIIe siècle (≈ 1395)
Chapelle des fonts et première travée.
1793
Destruction de la flèche
Destruction de la flèche
1793 (≈ 1793)
Foudre endommage le clocher.
1820
Restauration et reconstruction
Restauration et reconstruction
1820 (≈ 1820)
Flèche reconstruite, sacristie ajoutée.
1890-1894
Travaux de restauration
Travaux de restauration
1890-1894 (≈ 1892)
Pignon du porche sud et chapelle nord refaits.
1913
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1913 (≈ 1913)
Protection officielle de l’édifice.
1927
Vitrail commémoratif
Vitrail commémoratif
1927 (≈ 1927)
Maîtresse-vitre sur la bataille de 1347.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Sainte-Catherine (cad. AC 37) : classement par arrêté du 4 septembre 1913
Personnages clés
| Rolland de Kersaliou - Seigneur de Kersaliou |
Financeur de la chapelle sud en 1376. |
| Méance Toupin - Dame de Kersaliou |
Co-financière de la chapelle sud. |
| Jean IV de Montfort - Duc de Bretagne |
Concédaire de la châtellenie en 1376. |
| Olivier de Clisson - Connétable de France |
Responsable des fortifications en 1394. |
Origine et histoire
L'église Sainte-Catherine de La Roche-Derrien, située dans les Côtes-d'Armor, est un édifice religieux dont la construction débute à la fin du XIIIe siècle, avec des éléments encore visibles aujourd’hui comme la chapelle des fonts ou la première travée de la nef. L’édifice subit d’importants dommages lors de la bataille de 1347, nécessitant une reconstruction partielle qui pourrait avoir été menée par le même maître d’œuvre que celui de la cathédrale de Tréguier, comme en attestent des similitudes stylistiques (décors de chapiteaux, frises, voûtes surbaissées).
En 1376, Rolland de Kersaliou et son épouse Méance Toupin, seigneurs locaux nommés par le duc Jean IV de Montfort, financent la construction d’une grande chapelle en aile sud du chœur. Cette chapelle, de style gothique tardif, s’inspire des modèles ducaux comme celui du Folgoët. À la même époque, une petite chapelle nord est érigée avec un enfeu et une tombe, tandis qu’une bulle pontificale de 1389 signale le besoin de réparations majeures, incluant la façade ouest, le clocher et le porche sud.
Après la destruction du château et des remparts de la ville par Jean IV en 1394, l’église est fortifiée sous l’impulsion d’Olivier de Clisson. Des modifications défensives sont apportées, comme l’ajout d’un escalier maçonné avec meurtrières et l’agrandissement d’une chapelle en corps de garde. La flèche, détruite par la foudre en 1793, est reconstruite en 1820, accompagnée d’une restauration globale et de l’ajout d’une sacristie. D’autres travaux interviennent en 1890 (reconstruction du pignon du porche sud) et en 1894 (chapelle nord du Rosaire).
L’architecture de l’église mêle des influences romanes et gothiques, avec des éléments remarquables comme le chevet inspiré de l’abbaye de Beauport, des voûtes sur croisées d’ogives, et des traces de polychromie du XIVe siècle derrière l’orgue. Le clocher, caractéristique du style trégorrois, présente des baies à modénature typique et une flèche reconstruite au XIXe siècle. Classée Monument Historique en 1913, l’église conserve aussi des vestiges de fortifications et un vitrail du XXe siècle commémorant la bataille de 1347.
À l’intérieur, la nef à sept travées alterne des supports variés (colonnes cylindriques, piliers octogonaux) et des arcs doubleaux à pénétration directe, une disposition rare pour l’époque. La chapelle seigneuriale de Kersaliou, avec son accès réservé et son lambris de couvrement, illustre le patronage aristocratique. Des modifications ultérieures, comme l’élargissement du collatéral nord ou l’ajout d’un réduit fortifié, reflètent les adaptations successives de l’édifice aux besoins militaires et liturgiques.