Origine et histoire
L'église Sainte-Catherine de Montaut, située dans le département des Landes en Nouvelle-Aquitaine, trouve ses origines au XIVe siècle comme simple chapelle dépendant de la paroisse de Brocas. Construite sur une porte d’enceinte du bourg fortifié, elle intègre un clocher chevauchant la rue principale, servant à la fois de porte et de tour de guet. Son architecture initiale, de style roman, comprend une nef unique terminée par un hémicycle, éclairée par des fenêtres dont subsiste une ouverture trilobée bouchée. Les chapiteaux sculptés, ornés de feuillages ou de personnages, et une clef de voûte historiée représentant sainte Catherine témoignent de cette première phase.
Au XVe siècle, l’église est agrandie par l’ajout d’un collatéral ouest, dédié à saint Jean-Baptiste, doublant la superficie du vaisseau principal. Le chevet est surélevé et épaulé par des contreforts, tandis que la tour-clocher, accolée à l’angle ouest, devient un symbole du bourg. Ces transformations reflètent l’essor démographique et stratégique de Montaut, désormais concurrent de Brocas. Les voûtes, refaites en briques après les destructions des guerres de Religion (1569), illustrent les adaptations techniques et stylistiques de l’époque.
Les guerres de Religion (1569) marquent un tournant tragique : l’église est pillée, le clocher incendié, et les cloches volées par les troupes protestantes de Montgomery. La reconstruction, initiée à la fin du XVIe siècle par le curé Pierre de Claverie, s’accompagne d’une refonte des voûtes en brique « à la toulousaine ». Ce conflit accélère aussi la fortification du bourg, avantagé par sa position en hauteur. Au XVIIe siècle, la chapelle de la Vierge, initialement un appentis, est transformée en espace ogival dédié à l’Annonciation, puis au Rosaire (1834). Son retable, encadré de colonnes torses, abrite une toile de 1833 représentant la Vierge à l’Enfant avec saint Dominique.
Le XVIIIe siècle voit des aménagements intérieurs, comme la restauration du sol en pierre de Bidache (1786) par Antoine Mazzetti, ou l’installation d’une cloche de 600 kg en 1760. La Révolution française prive l’église de ses cloches, sauf une, et entraîne la sépulture du curé Duhart de Nogaro (1746–1788) près de la sacristie. Au XIXe siècle, Montaut obtient officiellement le statut de siège paroissial (1808), reléguant Brocas au rang de succursale. Les vitraux (1882), représentant sainte Catherine, saint Pierre et Notre-Dame de Buglose, ainsi que les cloches refondues à plusieurs reprises (1836, 1855, 1928), marquent cette période de renouveau.
Le mobilier liturgique, comme le retable du maître-autel en bois doré (XVIIe siècle), illustre la richesse artistique de l’édifice. Ce retable, couronné d’un Dieu le Père et orné de statues de saint Pierre et saint Paul, domine un chœur rehaussé pour l’accueillir. La chapelle de la Vierge, avec son retable aux colonnes torses, et le collatéral dédié au Sacré-Cœur (1835) complètent cet ensemble. En 1936, la flèche du clocher, détruite par une tornade en 1899, est remplacée par une terrasse crénelée en béton armé, devenue emblématique de Montaut.
Classée Monument Historique en 1970, l’église Sainte-Catherine incarne près de sept siècles d’histoire locale, des rivalités féodales aux reconstructions post-révolutionnaires. Son architecture hybride, mêlant éléments romans, gothiques et baroques, reflète les bouleversements politiques et religieux de la Chalosse. Aujourd’hui, elle reste un témoin majeur du patrimoine religieux landais, marqué par les conflits et les adaptations communautaires.