Frise chronologique
Ve siècle (vers 441)
Fondation de l'oratoire
Fondation de l'oratoire
Ve siècle (vers 441) (≈ 550)
Sainte Céronne bâtit un oratoire sur le mont Romigny.
Fin Xe siècle
Construction d'un premier édifice
Construction d'un premier édifice
Fin Xe siècle (≈ 1095)
L'évêque de Sées élève une église sur le tombeau.
Début XIIe siècle
Reconstruction de l'église
Reconstruction de l'église
Début XIIe siècle (≈ 1204)
Édifice actuel construit en style roman.
XVIe siècle
Ajout de lucarnes Renaissance
Ajout de lucarnes Renaissance
XVIe siècle (≈ 1650)
Modifications du toit en bâtière de la tour.
1er quart XVIIe siècle
Aménagements intérieurs
Aménagements intérieurs
1er quart XVIIe siècle (≈ 1725)
Période de construction ou modification partielle.
18 juillet 1975
Classement monument historique
Classement monument historique
18 juillet 1975 (≈ 1975)
Protection officielle de l'édifice et de son mobilier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. D 176) : classement par arrêté du 18 juillet 1975
Personnages clés
| Sainte Céronne - Évangélisatrice du Perche |
Fonda l'oratoire et y fut inhumée (Ve siècle). |
| Saint Adelin - Biographe présumé de sainte Céronne |
Reliques conservées dans un buste reliquaire. |
| Évêque de Sées (fin Xe siècle) - Commanditaire d'un premier édifice |
Agrandit le sanctuaire sur le tombeau. |
Origine et histoire
L'église Sainte-Céronne, située à Sainte-Céronne-lès-Mortagne dans l'Orne, est un édifice catholique construit aux XIIe, XVIe et XVIIe siècles. Elle fut érigée sur le mont Romigny, à l’emplacement d’un oratoire abritant le tombeau de sainte Céronne, figure majeure de l’évangélisation du Perche au Ve siècle. Son architecture atypique, non orientée, lui valut le surnom de « Sainte-Céronne la mal tournée ». Conçue comme une châsse monumentale, elle fut le premier monastère de moniales de la région, avec une structure simple : nef unique terminée par une abside ronde, éclairée de fenêtres et renforcée par des contreforts ajoutés pour stabiliser l’édifice menacé par des glissements de terrain.
Classée monument historique en 1975, l’église conserve des éléments remarquables comme un maître-autel, un tabernacle et un retable des XVIIe et XVIIIe siècles, également classés. La tour, étayée de contreforts romans, est surmontée d’un toit en bâtière percé de lucarnes Renaissance. Le portail extérieur, en grison, et celui donnant accès à l’église sont ornés d’archivoltes typiques du XIIe siècle, avec rudentures et billettes. À l’intérieur, deux bustes reliquaires en bois peint abritent les ossements de sainte Céronne et, probablement, de son biographe saint Adelin. Une piscine liturgique à double arcature, datée du XIIIe siècle, est creusée près de l’autel.
Selon la tradition, sainte Céronne, établie dans la région vers 441, aurait bâti un oratoire pour christianiser un site païen. Son corps y fut inhumé, et l’évêque de Sées éleva un premier édifice vers la fin du Xe siècle. Reconstruite au XIIe siècle, l’église actuelle témoigne de cette histoire millénaire, mêlant légendes locales et patrimoine architectural. Les modifications ultérieures, comme les contreforts nord ou les lucarnes Renaissance, reflètent les adaptations nécessaires à sa préservation. Aujourd’hui, elle reste un lieu de mémoire et de dévotion, géré par la commune et ouvert au public.
L’édifice illustre aussi les défis de conservation liés à son environnement géographique. Le ravin voisin, creusé par l’érosion, a fragilisé les fondations, nécessitant des renforcements structurels comme les contreforts nord. Ces aménagements, ajoutés postérieurement à la construction initiale, révèlent l’ingéniosité des bâtisseurs pour préserver un lieu sacré malgré les contraintes naturelles. La corniche à tore simple et l’appareil de fougères visible sur la muraille sud sont des détails architecturaux caractéristiques de l’art roman normand.
Le mobilier liturgique, notamment le retable et les bustes reliquaires, souligne l’importance cultuelle de l’église. Ces objets, classés à titre individuel, complètent la valeur patrimoniale du site. La présence de reliques, comme celles de sainte Céronne, en fait un lieu de pèlerinage historique, bien que moins connu que d’autres sanctuaires régionaux. L’association Les Amis de Sainte-Céronne contribue aujourd’hui à sa valorisation, en organisant des visites et en documentant son histoire.