Frise chronologique
VIe siècle
Fondation du monastère
Fondation du monastère
VIe siècle (≈ 650)
Par Euphrône ou Grégoire de Tours
855
Première mention d’une chapelle
Première mention d’une chapelle
855 (≈ 855)
Dans les archives médiévales
1079
Rattachement à Bourgueil
Rattachement à Bourgueil
1079 (≈ 1079)
Monastère donné à l’abbaye
1203
Création de la paroisse
Création de la paroisse
1203 (≈ 1203)
Église devient paroissiale
fin XIe – début XIIe siècle
Construction de l’église actuelle
Construction de l’église actuelle
fin XIe – début XIIe siècle (≈ 1225)
Remplacement de la chapelle initiale
1480
Ajout du collatéral sud
Ajout du collatéral sud
1480 (≈ 1480)
Par la famille Berthelot
1483
Chapelle privée de Jean Berthelot
Chapelle privée de Jean Berthelot
1483 (≈ 1483)
Dans le croisillon sud
1782
Suppression de la paroisse
Suppression de la paroisse
1782 (≈ 1782)
Vente de l’église prévue
19 décembre 1939
Inscription monument historique
Inscription monument historique
19 décembre 1939 (≈ 1939)
Partielle (hors façade sud)
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église, à l'exception des murs de façade moderne élevés au Sud, des planchers et des cloisons qui divisent l'édifice : inscription par arrêté du 19 décembre 1939
Personnages clés
| Euphrône de Tours ou Grégoire de Tours - Fondateur du monastère |
Au VIe siècle |
| Jean Berthelot - Commanditaire du collatéral |
Chapelle privée en 1483 |
Origine et histoire
L’église Sainte-Croix de Tours, située dans le quartier laïc médiéval du Vieux-Tours, trouve ses origines au VIe siècle avec la fondation d’un monastère par Euphrône ou Grégoire de Tours. En 855, une chapelle y est déjà attestée, avant que le site ne soit rattaché à l’abbaye de Bourgueil en 1079. La paroisse Sainte-Croix est officiellement créée en 1203, marquant le début de son rôle central dans la vie religieuse locale. L’édifice actuel, construit à la fin du XIe ou début du XIIe siècle, remplace la chapelle initiale et subit des remaniements majeurs aux XIIe, XIIIe et XVe siècles, notamment l’ajout d’un collatéral sud en 1480 par la famille Berthelot.
L’architecture de l’église reflète ces évolutions : une nef unique voûtée de style gothique angevin, un transept asymétrique (dont l’aile nord conserve une voûte romane en plein cintre), et un chœur à chevet plat. La façade ouest, masquée par des constructions postérieures, et le collatéral sud, partiellement détruit, témoignent des transformations urbaines. Malgré la suppression de la paroisse en 1782 et un projet de démolition avorté, l’église est préservée. En 1939, elle est inscrite aux monuments historiques (hors façade sud et aménagements internes modernes), incluant la cure attitrée.
Le site occupe une place stratégique dans la topographie médiévale de Tours : implanté au nord-ouest de l’enceinte de Châteauneuf (Xe siècle), il borde la rue Henri-Royer, vestige de la voie interne des remparts. La rue de Châteauneuf au sud et l’orientation traditionnelle est-ouest (chœur à l’est) soulignent son intégration dans le tissu urbain. Après la Révolution, l’édifice, converti en magasins, conserve des traces de son passé monastique et paroissial, comme l’arcade du collatéral sud visible au XXIe siècle.
Les sources archéologiques et archives paroissiales révèlent des détails précis : la première travée est voûtée au XIIe siècle (style angevin), la seconde au XIIIe siècle (croisée d’ogives), tandis qu’une chapelle privée pour Jean Berthelot est aménagée en 1483 dans le croisillon sud. Le chevet plat, aveugle côté nord, et les baies étroites illustrent les adaptations liturgiques et défensives. La cure contiguë, également protégée, rappelle le rôle social du clergé local.
Au XIXe siècle, des alignements urbains (comme en 1888) modifient l’environnement immédiat, ajoutant une façade néo-Renaissance devant le croisillon sud. Malgré ces altérations, l’église reste un exemple rare de superposition des styles roman, gothique angevin et Renaissance, reflétant près de 1 000 ans d’histoire religieuse et urbaine à Tours. Son inscription en 1939 souligne sa valeur patrimoniale, bien que certaines parties (comme la façade sud) en soient exclues.