Frise chronologique
1090
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
1090 (≈ 1090)
Richard et Bertrand de Linham reçoivent l’habit monastique.
1111
Création du prieuré
Création du prieuré
1111 (≈ 1111)
Fondation dépendante de Sainte-Croix de Bordeaux.
1147
Charte de Louis VII
Charte de Louis VII
1147 (≈ 1147)
Donation et privilèges accordés aux moines.
XVe siècle
Voûte gothique du transept
Voûte gothique du transept
XVe siècle (≈ 1550)
Ajout des armoiries de la baronne Crussol.
1635
Restauration du chœur sud
Restauration du chœur sud
1635 (≈ 1635)
Financée par Geoffroy de Pontac, neveu d’un évêque.
1725
Réfection méridionale
Réfection méridionale
1725 (≈ 1725)
Travaux commandités par le marquis de Chapelas.
1789
Désaffectation révolutionnaire
Désaffectation révolutionnaire
1789 (≈ 1789)
Vente de la maison curiale comme bien national.
1843
Rétablissement du culte
Rétablissement du culte
1843 (≈ 1843)
Réinstallation d’un prêtre dans la paroisse.
1859-1861
Construction du clocher-tour
Construction du clocher-tour
1859-1861 (≈ 1860)
Remplacement du clocher-mur par une flèche.
1961
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1961 (≈ 1961)
Inscription à l’exclusion du clocher récent.
1999
Réparation de la flèche
Réparation de la flèche
1999 (≈ 1999)
Dégâts causés par une tempête.
2002-2008
Restauration des peintures
Restauration des peintures
2002-2008 (≈ 2005)
Découverte de fresques et litres funéraires.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise, à l'exclusion du clocher de construction récente (cad. C2 473) : inscription par arrêté du 23 janvier 1961
Personnages clés
| Louis VII - Roi de France |
Accorde une charte en 1147. |
| Richard et Bertrand de Linham - Moines fondateurs |
Reçoivent l’habit monastique vers 1090. |
| Geoffroy de Pontac - Seigneur local |
Finance la restauration du chœur en 1635. |
| Arnaud de Pontac - Évêque de Bazas |
Son cœur repose dans la crypte. |
| Marius Faget - Architecte bordelais |
Conçoit le clocher-tour en 1859-1861. |
| Mgr Donnet - Archevêque de Bordeaux |
Initiateur du projet de clocher-tour. |
Origine et histoire
L'église Sainte-Eulalie, située à Lignan-de-Bordeaux en Gironde, trouve ses origines au XIIe siècle, avec des traces d’une occupation gallo-romaine antérieure. Vers 1090, des moines locaux, dont Richard et Bertrand de Linham, fondent un prieuré dépendant de l’abbatiale Sainte-Croix de Bordeaux. En 1147, Louis VII accorde une charte de donation aux religieux, confirmant les privilèges de l’église, qui possède déjà des droits de sépulture et de mariage. Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem participent à la construction du transept, tandis que l’édifice subit des modifications majeures aux XVIIe et XVIIIe siècles, financées par des familles nobles locales comme les Pontac et les Chapelas.
L’église, orientée avec une légère inclinaison sud, présente une abside et deux absidioles communiquant avec le chœur par des arcs percés au XVIIe siècle. La nef, initialement prévue avec des bas-côtés jamais achevés, conserve des vestiges du mur primitif et un portail potentiellement datant du VIIIe siècle. Les voûtes, en cul-de-four ou en berceau, mêlent styles roman et gothique, avec des ajouts comme la croisée d’ogives prismatiques au XVe siècle. La famille Crussol de Montsaley et Geoffroy de Pontac marquent l’édifice de leurs armoiries et restaurations, notamment en 1635.
Désaffectée pendant la Révolution, l’église est rétablie au culte en 1843. En 1859, un clocher-tour à flèche remplace l’ancien clocher-mur, sous la direction de l’architecte Marius Faget, malgré des controverses. Les chapiteaux romans, comme ceux représentant un cavalier affrontant un serpent ou des oiseaux eucharistiques, illustrent un programme iconographique complexe, mêlant symboles religieux et mises en garde morales. Des peintures murales médiévales et des litres funéraires des XVIIe et XVIIIe siècles, redécouvertes lors de restaurations (2002-2008), témoignent de son histoire mouvementée.
Classée Monument Historique en 1961 (hors clocher), l’église abrite un mobilier remarquable : une statue de saint Jean-Baptiste en albâtre (XVe siècle), un tabernacle en bois doré (XVIIe siècle), et des fonts baptismaux des XVe et XIXe siècles. Les vitraux, datés de 1858, et les chapiteaux ajoutés lors des restaurations du XIXe siècle, bien que critiqués, complètent cet ensemble architectural. Son emplacement sur une ancienne route médiévale vers Saint-Jacques-de-Compostelle renforce son importance patrimoniale.
Les sculptures extérieures, comme les modillons et chapiteaux historiés (dragons, oiseaux, masques), révèlent l’influence d’ateliers locaux, notamment ceux ayant œuvré à l’église Saint-Seurin d’Artigues-près-Bordeaux. Les restaurations successives, bien que parfois controversées, ont permis de préserver des éléments clés, comme les fresques médiévales et les litres seigneuriales, offrant un aperçu de la vie religieuse et sociale de la région depuis le Moyen Âge.