Origine et histoire de l'Église Sainte-Foy
L'église Sainte-Foy de Chartres, située à proximité de la place du Général-de-Gaulle, trouve ses origines au XIe siècle sous la forme d'une chapelle hors-les-murs, fréquentée par Fulbert de Chartres et ses disciples, dont Bernard de Chartres. Ce dernier évoque dans une lettre écrite entre 1006 et 1012 son attachement à ce lieu de prière et d'étude, alors isolé des remparts de la ville. La chapelle fut intégrée dans l'enceinte urbaine au XIIe siècle, période à laquelle elle devint une église paroissiale, avec l'ajout d'une nef et d'un portail roman en pierre de Berchères.
Au XVe siècle, le chevet de l'église fut reconstruit dans un style gothique, marquant la seconde phase majeure de son histoire architecturale. En 1793, lors de la Révolution française, l'édifice fut vendu comme bien national à un certain Morin, qui en démolit une partie pour y aménager un théâtre entre 1797 et 1806. Quatre travées de la nef furent détruites, et le chevet fut transformé en salle elliptique avec scène et loges, tandis qu'une façade moderne masquait le portail roman. Ce dernier, redécouvert en 1993 lors de travaux, fut préservé et intégré au square Jean-Lelièvre.
Aujourd'hui, il ne reste de l'église Sainte-Foy que son chevet du XVe siècle, doté de verrières modernes et utilisé comme salle des ventes, ainsi que les vestiges du portail roman du XIIe siècle, classés monument historique par arrêté du 28 décembre 1937. Ces éléments témoignent des transformations successives de l'édifice, passé d'un lieu de culte médiéval à un espace culturel et commercial. Le portail, notamment, illustre l'art roman chartrain, tandis que le chevet reflète les évolutions gothiques tardives.
Parmi les traces historiques notables, un dessin de Louis Boudan atteste de l'existence d'un vitrail aujourd'hui disparu, représentant Florent d'Illiers (1400–1475), chevalier et bailly de Chartres. Ce vitrail, autrefois situé dans la chapelle de la Communion, soulignait le lien entre l'église et les figures locales du XVe siècle. La démolition partielle de l'édifice au XVIIIe siècle, suivie de sa réaffectation, marque un tournant dans son histoire, reflétant les bouleversements politiques et urbains de l'époque.