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Eglise Sainte-Germaine à Calais dans le Pas-de-Calais

Eglise Sainte-Germaine

    10 Rue de Montréal
    62100 Calais
Propriété privée

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1912
Création de la paroisse
1919
Nomination de l’abbé Hanse
1923
Échec de la souscription
1928
Pose de la première pierre
1928-1931
Fondations et radier en béton
1er avril 1934
Inauguration de l’église
1986-1988
Achèvement du clocher-porche
13 octobre 2021
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L’église Sainte-Germaine en totalité (façades, toitures, intérieurs). L’ensemble est situé rue de Montréal, quartier du Pont-du-Leu, sur la parcelle n° 290, figurant au cadastre section CW : inscription par arrêté du 13 octobre 2021

Personnages clés

Germaine Cousin - Sainte patronne de l’église Bergère béatifiée en 1867, honorée ici.
Julien Barbier - Architecte de l’église Conçoit l’édifice entre 1928 et 1934.
Constant Hanse - Curé de la paroisse Initiateur de la construction, nommé en 1919.
Monseigneur Julien - Évêque d’Arras Pose la première pierre en 1928.
William Twitchett - Architecte diocésain Dirige l’achèvement du clocher (1986-1988).

Origine et histoire

L’église Sainte-Germaine de Calais, située dans le quartier du Pont-du-Leu, est édifiée entre 1928 et 1934 par l’architecte Julien Barbier dans un style néo-roman marqué. Implantée sur un plan en croix latine, elle se distingue par sa nef voûtée en berceau (11 m de haut), ses chapelles latérales, et un clocher-porche achevé bien plus tard, en 1988. La construction en brique, aux teintes variables selon les campagnes de travaux, révèle deux phases majeures : une base rouge sous un radier de béton (1928-1931) et une élévation orangée claire (1932-1934). Les fondations, réalisées par la société Franki pour stabiliser un sol instable, ont consommé une part importante du budget initial, retardant les travaux.

L’édifice honore Germaine Cousin (1579-1601), bergère de Pibrac béatifiée en 1867, et répond à la création d’une paroisse en 1912 pour les quartiers sud de Calais, Coulogne et Coquelles. Faute de fonds, le culte s’y tenait d’abord dans un baraquement. L’abbé Constant Hanse, curé nommé en 1919, lance une souscription dans les années 1920, mais la somme récoltée (23 000 francs en 1923) reste insuffisante. La construction ne débute qu’après une mobilisation nationale des « Germaines » et un don exceptionnel du diocèse d’Arras. La première pierre est posée en 1928 par Monseigneur Julien, évêque d’Arras, mais le chantier, interrompu par des difficultés techniques, ne s’achève qu’en 1934.

À l’intérieur, l’influence néo-romane se manifeste par des colonnes circulaires, des baies en plein cintre, et des voûtes d’arête dans les chapelles. Les murs gouttereaux, animés d’un enduit strié et d’une frise en mosaïque polychrome, contrastent avec l’austérité extérieure. Le clocher-porche, initialement prévu comme accès principal, est finalisé sous la direction de l’architecte diocésain William Twitchett entre 1986 et 1988. Classée Monument Historique en 2021, l’église illustre à la fois la reconstruction post-Première Guerre mondiale et l’adaptation architecturale aux contraintes locales.

Le quartier du Pont-du-Leu, en plein développement industriel avec l’implantation de l’usine textile Les Filés de Calais (soie artificielle), voit dans cette église un symbole de renouveau. Son financement, fruit d’une solidarité nationale et diocésaine, reflète l’importance du culte catholique dans une région marquée par les destructions de la guerre. Aujourd’hui, l’édifice, situé 149 rue de Montréal, reste un témoignage de l’architecture religieuse du XXe siècle et de l’histoire sociale de Calais.

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