Frise chronologique
fin XVe - 1ère moitié XVIe siècle
Construction de l'église
Construction de l'église
fin XVe - 1ère moitié XVIe siècle (≈ 1695)
Deux campagnes distinctes : nef puis chœur.
1766-1770
Reconstruction façade et sacristie
Reconstruction façade et sacristie
1766-1770 (≈ 1768)
Par Pierre Roussel et Joseph Aubert.
1733 et 1769
Effondrements des voûtes
Effondrements des voûtes
1733 et 1769 (≈ 1769)
Dus à l’instabilité du sol marécageux.
1861
Construction du porche sud
Construction du porche sud
1861 (≈ 1861)
Aujourd’hui détruit, plans de Fourquin.
depuis 1985
Étayage du chœur
Étayage du chœur
depuis 1985 (≈ 1985)
Mesure de sauvegarde structurelle.
8 novembre 1994
Classement monument historique
Classement monument historique
8 novembre 1994 (≈ 1994)
Protection de l’édifice et de son histoire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. E 759) : classement par arrêté du 8 novembre 1994
Personnages clés
| Joseph Aubert - Architecte |
A conçu la façade (1766-1770). |
| Pierre Roussel - Entrepreneur |
Reconstruit façade et sacristie au XVIIIe. |
| Fourquin - Architecte |
A dessiné le porche (1861). |
Origine et histoire
L'église Sainte-Libaire de Grand, située dans le département des Vosges, est un édifice catholique construit entre la fin du XVe et la première moitié du XVIe siècle. Elle occupe un emplacement central dans le bourg, avec une tour-clocher imposante visible depuis les voies d’accès. Son architecture, de type basilical, présente des disparités stylistiques entre la nef (fin XVe) et le chœur (début XVIe), reflétant deux campagnes de construction distinctes. Les chapelles latérales, implantées de biais, évoquent l’influence de l’École champenoise, notamment visible dans les fleurs de lys sculptées sur la clef de voûte du chœur, rappelant l’appartenance historique de Grand à la Champagne.
L’église repose sur un site antique longtemps associé à un temple d’Apollon, cité comme le « plus beau temple du monde » dans un panégyrique de Constantin. Cependant, les fouilles récentes (géophysiques et carottages) n’ont révélé aucune fondation monumentale, mais un épais dépôt vaseux et un réseau hydraulique gallo-romain de 4 à 5 km, suggérant plutôt un ancien plan d’eau. Ce sous-sol instable, gorgé d’eau, explique les effondrements répétés des voûtes (1733, 1769) et la nécessité d’étayer le chœur depuis 1985. L’absence de vestiges antiques tangibles laisse aujourd’hui planer le mystère sur la nature exacte de l’aménagement gallo-romain.
Classée monument historique en 1994, l’église a subi plusieurs restaurations majeures. La nef, couverte d’une toiture unique au XVIIIe siècle, a vu ses fenêtres hautes murées à cette époque. La façade occidentale et la sacristie furent reconstruites entre 1766 et 1770 par l’entrepreneur Pierre Roussel, d’après les plans de l’architecte Joseph Aubert. Un porche, aujourd’hui disparu, fut ajouté au sud en 1861 sur les plans de l’architecte Fourquin. Malgré ces interventions, l’édifice conserve une unité apparente, masquant les fragilités structurelles liées à son sol marécageux.
Le site de Grand, carrefour hydrogéologique, était un lieu stratégique dès l’Antiquité. Les Gallo-Romains y avaient aménagé un réseau souterrain complexe, dont les sédiments ont progressivement comblé le plan d’eau supposé. L’église médiévale, en s’y implantant, a hérité de cette instabilité géologique, tout en devenant un symbole religieux et communal. Son classement en 1994 souligne son importance patrimoniale, mêlant héritages antique, médiéval et moderne.