Origine et histoire de l'Église Sainte-Madeleine
L’église Sainte-Madeleine, située dans le quartier Battant de Besançon, est une église-halle de style classique construite entre 1746 et 1766 par l’architecte Nicolas Nicole. Elle remplace une ancienne collégiale gothique fondée en 1063 par l’évêque Hugues Ier de Salins, sur l’emplacement d’une crypte dédiée à Saint Lin, premier évêque de Besançon (IIIe/IVe siècle). L’édifice actuel, long de 66 mètres, se distingue par sa triple nef, ses chapelles latérales et sa toiture en tuiles vernissées de Bourgogne. Classée monument historique en 1930, elle abrite un orgue et un musée dédié à l’histoire viticole et religieuse du quartier.
Au XVIIIe siècle, l’église est enrichie d’éléments remarquables : une méridienne solaire conçue par Jean-Louis Bisot, des statues des XVIe et XVIIe siècles, et des peintures des écoles flamande et comtoise. Entre 1828 et 1830, deux tours sont ajoutées, dont celle abritant le Jacquemard, un automate carillonneur symbole de la ville. Ce personnage de bois et métal, mesurant 1,80 m, sonne les heures depuis au moins le XVe siècle, avec des restaurations documentées en 1622, 1752, et régulièrement jusqu’en 1997. Les Bisontins le surnomment affectueusement « le Jacquemard » et célèbrent ses restaurations par des processions festives.
L’intérieur de l’église conserve un mobilier riche malgré les pillages révolutionnaires (1793-1795), lorsque le bâtiment servit de magasin à fourrage. On y trouve un maître-autel de 1834, une chaire du XVIIIe siècle provenant de l’abbaye Saint-Paul, et des sculptures comme le Chemin de croix d’Auguste Clésinger. Le grand orgue, œuvre de Claude-Ignace Callinet, restauré par Jean Deloye et Alain Sals, est classé depuis 1976. L’église abrite aussi un musée retraçant la vie du quartier Battant, ancien fief des vignerons bisontins, et son histoire religieuse.
La façade classique, inspirée du Temple de Salomon, porte une inscription latine : « Cor meum ibi cunctis diebus » (« J’aurai toujours là mes yeux et mon cœur »), tirée du Premier livre des Rois. Ce lieu de culte, confié à la Fraternité Saint-Pierre, reste un symbole du patrimoine religieux et architectural de Besançon, mêlant histoire médiévale, baroque et traditions locales.
Le Jacquemard, figure emblématique, incarne l’attachement des habitants à leur patrimoine. Ses restaurations, souvent contestées (comme en 1828, où ses couleurs traditionnelles rouge, jaune et noir furent temporairement remplacées), sont l’occasion de fêtes populaires. L’automate actuel, le 4e depuis le XVe siècle, perpétue une tradition unique en Franche-Comté, liée à l’identité du quartier Battant et de ses Bousbots (surnom des habitants).